Propagande d'Etat à l'école

Publié le par sophie tournon

Le 25 février sera la journée commémorative nationale géorgienne de l'occupation soviétique. Tel en a décidé le ministre de la Culture Niko Gvaramia. Toute la semaine, les écoles géorgiennes se mobilisent autour de l'organisation d'expositions, de débats, de clubs littéraires, de leçons et de concours d'histoire patriotiques autour du thème de "l'invasion russe". Cette décision est une des conséquences indirectes du conflit qui a éclaté entre la Géorgie et la Russie en août dernier.
Selon Svetlana Bolotnikova, cette "version odieuse de la soviétisation du pays" sert surtout à dépeindre la Russie comme l'ennemi de toujours. Elle dénonce les raccourcis historiques transmis par les manuels scolaires, et l'oubli des historiens géorgiens de la situation en Russie même, la Géorgie n'avait pas l'apanage des soulèvements populaires contre le pouvoir bolchevique. Elle dénonce une lecture biaisée et nationaliste de l'histoire, les contrevérités sur l'appartenance historique de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud qui avaient déclaré leur indépendance en 1918 et, de manière générale, elle souligne l'amagame volontaire entre les termes "soviétiques" et "russes". "Les politiciens géorgiens interprètent les faits historiques à travers le prisme de leurs ressentiments", affirme-t-elle. Elle conclue en rappelant que les deux pays ont connu une histoire commune faite aussi de fraternité et que "l'hystérie antirusse" actuelle est nuisible pour tous. (Georgia Times, 23.02.2009, http://www.georgiatimes.info/?area=interviewItem&id=7783&path=interview)

Publié dans Culture

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