Où il est question des bases russes en Abkhazie

Publié le par sophie tournon

Serguey Bagapch, président de l'Abkhazie sécessionniste, dont l'indépendance n'est pour le moment reconnue que par la Russie, s'est rendu brièvement à Moscou pour discuter de la situation économique de l'Abkhazie et des aides russes à venir.
L'un des aspects de cette aide prendra bientôt la forme d'une base militaire russe postée à Goudaouta et une autre dans le port d'Otchamtchire. Selon M. Bagapch, l'accord de coopération militaire abkhazo-russe porte sur 49 ans et sur 3 800 militaires russes. Il a aussi été question du renforcement de la protection de la frontière entre l'Abkhazie et la Géorgie.
Les relations avec la Russie ne sont pas comparables avec celles, tendues, que l'Ossétie du Sud entretient avec Moscou : M. Bagach assure que l'aide financière russe sera entièrement gérée et contrôlée par la seule Russie, de bout en bout.
Il a aussi évoqué avec ses partenaires russes la remise en état de la voie routière traversant les montagnes du Caucase de Sokhoumi à Youjni Priyout et la recherche et l'exploitation de gisement de pétrole (en mer comme sur terre) en Abkhazie.
M. Bagapch rejette tout accord avec Saakachvili et se déclare dubitatif quant aux possibilités de négociations avec son successeur, tout en espérant que des liens se dessineront dans les domaines énergétiques, commerciaux et ferroviaires, sans que cela ne remette jamais en question l'indépendance de son pays.
Le président abkhaze dit respecter les minorités non abkhazes de la région multiculturelle de Gali, à condition qu'elles adoptent la citoyenneté abkhaze, citoyenneté non reconnue sur le plan international, et nie toute tension interethnique dans cette zone âprement disputée par la Géorgie, ainsi qu'à Kodori.
M. Bagapch regrette que la communauté internationale refuse de reconnaître l'indépendance de l'Abkhazie, au point, selon ses mots, de faire pression (il parle de chantage) sur la Biélorussie qui doit choisir entre l'Union Européenne ou la Russie sur cette question de la reconnaissance des régions séparatistes.
A propos des prochaines élections présidentielles du 12 décembre, M. Bagapch a répondu au correspondant de Nezavissimaya Gazeta qu'il n'y aura pas de candidat représentant une ethnie particulière, car la Constitution abkhaze interdit tout parti ethnique, par respect pour la composition multiethnique du pays. Les Géorgiens apprécieront...
(nezavisimaya gazeta, 06.03.2009, http://www.ng.ru/cis/2009-03-06/1_bagapsh.html)

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