Quand la chanson se politise...

Publié le par sophie tournon

Deux "événements" culturels se sont fait remarquer ces derniers jours, non pas pour la qualité intrinsèque des chanteurs ou des chansons, mais pour la portée toute symbolique de paroles inattendues.
Le groupe géorgien "Stefane et les 3G" s'est fait connaître par une chanson disco en anglais dont le refrain offre un jeu de mots visant le premier ministre russe. "We don't wanna put in/The negative mood/It's killin' the groove..."(http://www.youtube.com/watch?v=sGNes5KS8hA). La chanson serait juste amusante si la Géorgie, qui s'était retirée de la compétition annuelle de l'Eurovision qui doit se dérouler cette année en Russie, n'avait finalement décidé de présenter ce groupe et cette chanson. Un acte politique chanté, c'est si rare...
L'autre "attaque" antirusse provient de "Bouba" Vakhtang Kikabidze, star populaire à la longue carrière d'acteur (souvenez-vous de Mimino, Ne Sois pas Triste) et de crooner connu dans toute l'URSS. Dans une de ses dernières chansons intitulée "Razotcharovali" (Vous m'avez déçu), Bouba Kikabidze regrette le passé récent où Géorgie et Russie étaient des pays frères et déplore l'attaque russe d'août 2008, le clip s'attarde sur des images de la guerre qui les a opposé (http://www.youtube.com/watch?v=vmuQKzulKL0). Le chanteur âgé de 70 ans a déclaré que cette chanson accusait non pas les politiciens ni l'armée russe mais l'intelligentsia russe de n'avoir pas élevé la voix pour prendre la défense de la Géorgie (rferl, Chloe Arnold, 03.03.2009, http://www.rferl.org/content/Georgian_Singers_Sad_Song_Only_Making_Russians_See_Red/1503373.html
Dans le premier cas, le porte-parole du gouvernement russe a parlé de "hooliganisme". Un texte politique à l'Eurovision, ce serait une première, car l'ambition du concours est de rapprocher les nations euroépéennes... La Géorgie doit confirmer son choix d'être représentée par cette chanson avant le 16 mars. (Civil.ge, 20.02.2009, http://www.civil.ge/rus/article.php?id=18710&search=3G)
Dans le second cas, "Bouba" Kikabidze semble persister dans sa voie : bouder la Russie qui le déçoit. Il avaitdéjà refusé de recevoir des mains du président Dmitri Medvedev l'Ordre de l'Amitié, en août 2008. Il a aussi déclaré u'il annulerait les festivités prévues à Moscou pour ses soixante-dix ans, pour les fêter finalement à Kiev, capitale de l'Ukraine, autre symbole de la lutte d'une ancienne république soviétique contre le Kremlin.

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