Saakachvili veut plus de transparence dans les fonds des partis d'opposition

Publié le par sophie tournon

Un long article signé Dali Bzhalava, dans le numéo de Georgian Times du 10.03.2009, revient en détail sur la question des ressources financières soulevée par le président Saakachvili (http://www.geotimes.ge/index.php?m=home&newsid=15505).
Cette question pourrait être le "nerf de la guerre" entre le parti présidentiel et ceux d'opposition, très remontés contre Mikhéil Saakachvili, au point d'exiger soit sa démission soit un referendum pour changer de gouvernement. Lors d'une allocution télévisée, le président géorgien disait vouloir des certitudes quant aux origines des financements des partis d'opposition, son propre parti étant à l'abri de toute dérive.
Sans en désigner aucun, tous les partis d'oppositions ont reçu cet appel à plus de transparence comme une accusation visant à défaire leur rôle de contre-pouvoir, en instaurant probablement un système de contrôle inique sur leurs fonds. Les investisseurs des partis ne sont pas nommés non plus, mais les sous-entendus sur leur identité ne sont un secret pour personne. La crainte fondée ou paranoïaque d'une manipulation de l'étranger - américaine pour les uns, russe pour les autres - est connue et si répandue qu'il n'est plus nécessaire de le répéter pour se faire comprendre sur ce thème.
L'opposition désunie a rétorqué immédiatement à cette allocution de diverses manières :
- que le parti du président fasse d'abord le ménage chez lui;
- que les subventions des partis sont bloqués depuis longtemps;
- que les partis d'opposition n'avaient pas d'argent, sinon il serait utilisé depuis longtemps contre le gouvernement;
- que ledit gouvernement compte faire main basse sur cette nouvelle source de revenus;
- que le gouvernement veut empêcher la constitution de nouveaux partis fondés par des industriels déçus de l'actuel président ou veut les inciter à ne pas subventionner l'opposition.
L'article rappelle que les tentatives précédentes du gouvernement pour contrôler l'origine des fonds des partis politiques s'étaient soldées par un échec, les lois ayant été retoquées à l'été 2008. L'auteur donne aussi le montant officiel des subventions issues du budget national et d'un fonds spécial d'aide aux partis et aux ONG travaillant sur les élections.
Comme l'analyse Soso Tsintsadze, politologue ancien proche du président, "Je pense que cette déclaration a pour but de prévenir : que les politiciens géorgiens n'importent pas d'argent de l'étranger!"

Publié dans Politique intérieure

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