Répertoire d'actions de l'opposition

Publié le par sophie tournon

Mais que fait l'opposition géorgienne?
Son répertoire d'actions démontre, s'il le fallait encore, que la Géorgie est bien une démocratie, certes imparfaite et dont les faiblesses sont craintes et honteuses, mais au jeu de la comparaison avec bien de ses voisins et anciens compagnons soviétiques, elle est incontestablment une démocratie en marche.
Parmi les démarches de l'opposition, toutes tendances confondues - car il n'y a pas UNE opposition mais DES oppositions -, on trouve ceci :

- plusieurs partis de l'opposition menacent les autorités d'organiser des manifestations d'ampleur pour réclamer la démission du président à partir du 9 avril prochain, date où chaque année sont commémorés les Géorgiens tués par l'Armée rouge en 1989 lors d'une manifestation civile pacifique à Tbilissi (Georgia Times, 24.02.2009, http://www.georgiatimes.info/?area=newsItem&id=7911&path=news).  

- un concert engagé contre le président, organisé par la chaîne de télé indépendante Maestro, avec en vedette le chanteur Utsnobi ("l'Inconnu", pseudonyme de Guiorgui Gatchetchiladze), frère de l'opposant et ancien candidat à la présidentielle Levan Gatchetchiladze, a rassemblé à Tbilissi entre 5 000 et 10 000 personnes (kavkazskiy uzel, 14.03.2009, http://georgia.kavkaz-uzel.ru/articles/150826 et Civil Georgia, 14.03.2009, http://www.civil.ge/rus/article.php?id=18825).

- Le même chanteur Utsnobi tient, sur la chaîne Maestro, un "happening" inédit : il s'est volontairement enfermé dans une "cellule", réplique d'une cellule de prison, qu'il a appelée "numéro 5", en référence au numéro du candidat Saakachvili lors des dernières présidentielles (http://maestro.ge/sakani.php). A l'époque, ce numéro était matraqué dans les rues, sur les bus, les boîtes aux lettres de la Géorgie. Le chanteur y accueille des sympathisants fort nombreux et a déclaré n'en sortir qu'une fois le président parti (http://rutube.ru/tracks/1492364.html?v=50a10350bb84e73b2a4cc7e183878ee9).

- la menace : quelques partis unis sous la bannière de "l'Alliance pour la Géorgie" ont réclamé un référendum sur la démission du président. Le délai imposé (le 5 mars) ayant été dépassé sans aucune réaction de la part de Saakachvili, l'Alliance pour la Géorgie soutenue d'autres partis d'opposition est allée chercher sur le terrain l'avis de la population  (Civil Georgia, 06.03.2009, http://www.civil.ge/rus/article.php?id=18785&search=). 9 partis d'opposition ont ainsi recueilli un maximum de signatures demandant la démission du président. En 3quelques jours de campagne "Ensemble nous sauverons la géorgie", près de 48 000 signatures ont été recueillies à Tbilissi et 55 000 dans 16 autres villes géorgiennes (Civil Georgia, 09.03.2009, http://www.civil.ge/rus/article.php?id=18795  et Georgia Times, 14.03.2009, http://www.georgiatimes.info/?area=newsItem&id=8863&path=news).

- des "happenings", comme ceux orchestrés par le mouvement du "7 novembre", en référence à la date du 7 novembre 2007 quand les autorités géorgiennes ont refoulé violemment une manifestation à Tbilissi. 300 jeunes ont tenté de bloquer l'avenue Roustaveli à Tbilissi, face au Parlement, pour réclamer entre autres la démission du ministre de l'Intérieur (Georgia Times, 09.03.2009, http://www.geotimes.ge/index.php?m=home&newsid=15502 et georgia Times, 27.02.2009, http://www.georgiatimes.info/?area=newsItem&id=8093&path=news), puis on tenté le 10 mars de déranger Saakachvili alors qu'il déjeunait dans un restaurant huppé au centre ville (Georgia Times, 10.03.2009, http://www.georgiatimes.info/?area=newsItem&id=8567&path=news).

- action des députés de l'opposition : ils exigent plus de transparence quant à l'utilisation du budget de l'Etat. L'opposition a émis des doutes quant au chantier du palais présidentiel (Georgia Times, 17.02.2009, http://www.georgiatimes.info/?area=newsItem&id=7594&path=news), à l'utilisation du budget consacré à l'armement de l'armée géorgienne mise en déroute en août 2008, aux liens avec l'héritier américain de l'oligarque Badri Patarkatsichvili, grâce auquel la chaîne Imedi est devenue chaîne d'Etat, etc.

Seul hiatus : la dispersion de l'opposition, qui compte une douzaine de formations politiques plus ou moins visibles et connues. Le 9 avril prochain apparaît comme une sorte de test pour ces partis, plus que pour le président. De son côté, Mikhéil Saakachvili se veut rassurant et affirme devoir poursuivre sa mission jusqu'au bout de son mandat, qui prend fin en 2013. Le champion de la Révolution des roses ne semble pas inquiet de ses "disciples en indiscipline"...

Publié dans Politique intérieure

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