Tractations pas très orthodoxes entre le patriarche et le gouvernement?

Publié le par sophie tournon

En février dernier, le cabinet des ministres géorgiens a débloqué des fonds pour aider le financement de la chaîne télévisée du patriarchat orthodoxe géorgien, en pleine période de crise économique. Le ministre des Finances Kakha Baindourachvili a déclaré que la chaîne religieuse "Edinoduchie" (Unanimité) recevra 300 000 lari (130 000 dollars américains) issus du fonds de réserve du gouvernement, lequel a aussi prévu de verser 200 000 lari (80 000 dollars) pour la reconstruction de la cathédrale de Poti (Georgia Times, 19.02.2009, http://www.georgiatimes.info/?area=analysisItem&id=7703&path=analysis).
Le site Georgia Times pose la question de l'origine d'une telle générosité dans un contexte de morosité économique mondiale. Serait-ce pour se faire pardonner la campagne de dénigrement récemment subie par le patriarche-catholicos?
Les relations avec le patriarchat sont depuis des années plus ou moins houleuses, or l'influence du patriarche sur ses ouailles fait de lui un personnage politique de premier plan (Nicolas Landru,  01.06.2008, http://nicolaslandru.blogspot.com/2008/06/un-royaume-de-gorgie-dactualit.html).
Une des causes de ce refroidissement serait la popularité du patriarche qui ferait de l'ombre à Saakachvili. Le fait que Ilya II se soit rendu en décembre 2008 en Russie aux funérailles du patriarche russe et qu'il y ait rencontré le président russe Medvedev, puis qu'il ait déclaré qu'un rapprochement entre les deux belligerants d'août est plus que souhaitable, a été interprété par le gouvernement géorgien comme de l'ingérence, voire une critique de sa politique anti-russe.
Le patriarche, de santé fragile, est tombé malade la veille de son voyage prévu en Russie pour l'intronisation du nouveau patriarche russe et pour assister au congrès des Géorgiens de Russie, congrès perçu comme une entreprise anti-géorgienne. Certains leaders de l'opposition affirment en outre que la maladie subite du patriarche géorgien et son départ en Allemagne, où il se repose et se fait soigner, serait le résultat du désaccord entre ce dernier et Saakachvili.
Gia Khoukhachvili, interrogé par Georgia Times, affirme que toutes ces supputations reposent sur des bruits et des rumeurs, la seule chose de certaine est que "le pouvoir en place veut, par ce geste [de dons à la chaîne du patriarche], gagner la sympathie des croyants".

Publié dans Politique intérieure

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