Forum de Bruxelles : le bras de fer continue entre la Russie et la Géorgie

Publié le par sophie tournon

Le IV forum international de Bruxelles qui a eu lieu le 21 mars 2009 a rassemblé les ministres des Affaires étrangères, des diplomates, des politologues et journalistes de l'Europe, des Etats-Unis et de la Russie autour, entre autres, la question de l'élargissement de l'OTAN à l'Est et les relations avec la Russie.
Lors d'un débat entre Xavier Solana, haut commissaire aux Affaires étrangère de l'UE, et Serguieï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, la question des conséquences du conflit armé d'août 2008 a surgi de manière peu conventionnelle. Au jeu des questions-réponses avec l'auditoire, la secrétaire géorgienne du Conseil de la Défense Eka Tqechalichvili a réagi au discours de M. Lavrov qui souhaitait que "la Géorgie ait des leaders qui prendront en compte les intérêts du peuple géorgien". S'est ensuivi un débat animé entre les représentants des deux Etats anciennement belligérants en août en Ossétie du sud. Mme Tqechalichvili a accusé la Russie de ne pas supporter la fin de la polarisation du monde en deux camps clairement opposés et de devoir faire face à l'indépendance des anciennes républiques soviétiques. Elle a rappelé que la Russie "occupait 20% du territoire géorgien". Ce à quoi M. Lavrov a répondu qu'il espérait que la Géorgie se doterait des chefs qui ne tueraient pas ses compatriotes (allusions aux tirs géorgiens contre les civils d'Ossétie du sud an août) et qui sauraient vivre en paix avec leurs voisins. Il a précisé que le conflit d'août 2008 "était une agression et une infraction aux obligations internationales dues au président Saakachvili". Sergueï Lavrov a en outre rapporté les propos que l'ancienne secrétaire d'Etat états-unienne Condoleeza Rice lui a tenu à propos du conflit et de la candidature de la Géorgie à l'OTAN : si Saakachvili utilise les armes, il peut faire ses adieux à l'OTAN.
Le même jour, le président géorgien participait à une discussion intitulée "Géorgie, 6 mois après la guerre" avec le président du parlement roumain, un député allemand et le représentant états-unien sur les questions de l'Afghanistan et du Pakistan Richard Hallbrooke. De cette rencontre rien n'a filtré. (Civil Georgia, 23.03.2009, http://www.civil.ge/rus/article.php?id=18864&search=)
Par ailleurs, M. saakachvili a accueilli avec enthousiasme la décision des chefs européens quant à une future alliance politique et énergétique incluant entre autre le projet Nabucco. (Civil Georgia, 23.09.2009, http://www.civil.ge/rus/article.php?id=18865)
La présence de certains leaders de partis d'opposition au forum a permis, selon les termes d'Irakli Alasania, chef de "l'Alliance pour la Géorgie", de démontrer l'état de la démocratie en Géorgie. (Georgia Times, 23, 03, 2009, http://www.georgiatimes.info/?area=newsItem&id=9303&path=news)
Ce forum international a été l'occasion pour les Géorgiens de consolider leurs liens avec leurs alliés européens et de s'en créer de nouveaux, en vue non seulement d'appuyer leur dossier de candidature à l'entrée dans l'OTAN, mais aussi pour rassurer leurs partenaires européens échaudés depuis le conflit d'août, et pour redorer leur image de démocratie dans un contexte politique qui promet d'être mouvementé prochainement.

Publié dans Géorgie-Europe

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article