Le conflit d'août serait dû à Saakachvili

Publié le par sophie tournon

Le "Spiegel Online" titre sur Saakachvili mis à mal par l'Europe (Uwe Klussman, 23.03.2009, http://www.spiegel.de/international/world/0,1518,615160,00.html)  
La Commission européenne chargée d'enquêter sur les circonstances de la guerre de 5 jours qui a éclaté en Ossétie du Sud en août 2008 se penche sur les déclarations du commandant géorgien des forces géorgiennes de maintien de la paix en Ossétie du Sud, Mamouka Kourachvili, datées de la veille de l'attaque géorgienne.
Ce général affirmait devant les écrans de télé que la Géorgie avait décidé de "restaurer l'ordre dans toute la région". Cette déclaration serait la preuve de l'intention géorgienne d'attaquer les premiers l'Ossétie du Sud, et non d'arrêter une attaque russe, comme le président le martelait par la suite pour justifier les actions militaires géorgiennes.
Arguant du secret d'Etat, la Géorgie refuse de transmettre l'ordre que le général Kourachvili citait manifestement mot à mot et que le contre espionnage russe a intercepté et transmis à la Commission.
Les observateurs internationaux ont de leur côté fait part à la Commission du fait que, le 7 août au matin, la veille de l'offensive géorgienne, 12 000 soldats géorgiens et 75 tanks étaient concentrés à la frontière de la région séparatiste, ce qui favoriserait la thèse d'une offensive prévue bien à l'avance. Ce d'autant plus qu'il est établi que l'avancée russe ne s'est faite que le 8 août, soit une fois le conflit déclenché, et donc ne pouvait être à l'origine de la soi-disante "contre-attaque" géorgienne.
Saakachvili se retrouve bien embarrassé par ces révélations. Son ministre à la Réintégration Temour Iakobachvili est venu à son secours en "révélant" à son tour que ladite Commission obéissait à la compagnie russe pro-Poutine Gazprom, ce qui invaliderait ses conclusions favorables aux Russes.
De son côté, la Russie est critiquée par la Commission pour avoir toléré les incendies des villages géorgiens en Ossétie du Sud, et pour avoir chassé les Géorgiens hors de la région. Elle lui repproche aussi la délivrance de passeports russes aux Sud Ossètes depuis des années, ce qui revient à de l'ingérence dans les affaires intérieures géorgiennes.

Pour le journal en ligne "Georgia Times", plusieurs questions dérangeantes se posent : si la Commission européenne reconnaît que l'agresseur fut la Géorgie, il s'ensuivra non seulement que le président géorgien a délibérément menti au monde entier, mais surtout que l'Europe a alors fait preuve de légèreté et de parti pris.
Au final, les autorités d'Ossétie du Sud se réjouissent de ce retournement de situation, d'autant que, selon le ministre sud ossète des Affaires étrangères Mourat Djioev, "ce résultat se base sur des faits évidents" (Georgia Times, Artem Gorbounov, 24.03.2009, http://www.georgiatimes.info/?area=articleItem&id=9410&path=articles).

Publié dans Politique intérieure

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David Beroutchachvili 26/03/2009 10:59

http://aillarionov.livejournal.com/78519.html