Prémices de la manifestation du 9 avril

Publié le par sophie tournon

La date du 9 avril approche, et il semble que toute la vie politique géorgienne soit fixée sur cette échéance, avec un mélange de crainte et d'espoir.
13 partis d'opposition se sont unis pour faire de cette journée l'apogée de la lutte des anti-Saakachvili en réclamant le départ du président tant honni. Pour l'occasion, un manifeste a été  présenté ce 27 mars. Les partis signataires sont : "L'Alliance pour la Géorgie" chapeauté par Irakli Alasania, les Républicains et la "Nouvelle droite", le "Mouvement démocratique - Géorgie unie" de Nino Bourdjanadze, le parti conservateur "La Voie de la Géorgie", "l'Union des traditionnalistes", le "Parti de l'avenir", le "Parti des femmes", le parti des "Industriels" et l'alliance chrétienne-démocrate.
Le but de ce manifeste, lu en public par le poète Davit Maghradze (auteur du texte de l'hymne national géorgien) devant la Cour suprême de la Géorgie, est d'affirmer haut et fort que la manifestation prévue le 9 avril sera pacifique et légale, et servira de lieu d'expression de la société géorgienne (Civil Georgia, 27.03.2009, http://www.civil.ge/rus/article.php?id=18905). Ce manifeste répond directement aux interventions du gouvernement qui a fait arrêter des membres de partis de l'opposition, sous l'accusation de port illégal d'arme en vue de préparer une milice armée le 9 avril, voire même un coup d'Etat.
Selon le texte du manifeste, "le pouvoir en place a acculé le pays dans une impasse. Le pays se trouve dans une crise politique, économique et sociale profonde. (...) Pour sauver notre pays, il est indispensable dans un premier temps que Mikhéil Saakachvili quitte ses fonctions et que des élections soit organisées rapidement. Une fois cela fait, il sera possible de bâtir un Etat démocratique et juste, basé sur la primauté de la loi (...). Nous confirmons que le 9 avril 2009, nous entamerons une protestation pacifique, grâce à laquelle nous parviendrons à obtenir la démission de Mikhéil Saakachvili (...). Nous confirmons en outre que : 1) cette protestation exprime la volonté d'une grande partie de la population de ce pays; 2) elle sera pacifique et se déroulera selon la loi; 3) nous agirons suivant la volonté du peuple et avec son accord; 4) les actions prévues par les participants civils et les organisations politiques seront coordonnées; 5) nous jurons fidélité à ce manifeste, respect et solidarité aux participants politiques et civils. (...)" (Civil Georgia, 27.03.2009, http://www.civil.ge/rus/article.php?id=18904&search=).
En marge de cette manifestation, 12 experts géorgiens ont déclaré accepter de jouer le rôle d'intermédiaire entre le pouvoir et l'opposition. Dans leur déclaration, ils affirment qu'il est évident qu'il y a "une tendance à l'escalade et à la radicalisation" et un risque de débordement. "L'utilisation de la violence est intolérable, tant pour conserver le pouvoir que pour y accéder". Ils accusent les autorités d'user de leur pouvoir "en vue de discréditer les opposants politiques". Les signataires de ce texte sont : Zourab Abachidze, Irakli Menagharichvili, Sosso Tsiskarichvili, Lacha Toughouchi, Irakli Sessiachvili, Merab Kakoulia, Lado Papava, Artchil Gueguetchidze, Guiorgui Khoutsichvili, Guia Khoukhachvili, Zakaria Koutsnachvili et Ramaz Saqvarelidze (Civil Georgia, 27.03.2009, http://www.civil.ge/rus/article.php?id=18898).

Publié dans Politique intérieure

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