Saakachvili : "Il faut sauver l'économie de la Géorgie"

Publié le par sophie tournon

Le président Mikhéil Saakachvili s'est adressé aux Géorgiens ce mardi 31.03.2009, à l'occasion de la cérémonie d'ouverture des nouveaux locaux du ministère de l'Intérieur (Civil Georgia, 31.03.2009). Extraits de son discours :
"Il ne faut pas croire que la Géorgie s'habituera à ce que ses territoires restent occupés. Il ne faut pas croire que la Géorgie ne poursuivra pas le renforcement de son pays. Il ne faut pas croire que nous capitulerons, comme nos misérables gouvernements précédents, et que nous accepterons le démembrement du territoire de la Géorgie."
"Notre lutte se poursuit, et notre combat prendra fin une fois la Géorgie entièrement désoccupée et libérée, et une fois le dernier soldat ennemi expulsé de notre territoire. J'en suis intimement persuadé. Notre combat le plus important, le principal message que nous adressons à notre peuple est que nous devons aujourd'hui sauver l'économie de la Géorgie, qui est la base de l'Etat géorgien, nous devons fonder un nouvel Etat géorgien."

Ce discours est certainement à rapprocher des conseils émis récemment par le FMI à la Géorgie, qui a prévenu que l'économie du pays était au bord du gouffre (Svetlana Bolotnikova, Georgia Times, 31.03.2009). Les experts occidentaux conseillent à la Géorgie d'investir plus dans les infrastructures plutôt que dans l'importation d'armes militaires, et critiquent fortement le soutien apporté au lari, au prix des réserves de devises. 

Le vice-président de l'Académie des sciences économiques Iacha Meskhia a fait part de son étonnement face au "calme olympien" et à l'apathie des autorités en cette période de crise intense. De son côté, l'homme d'affaires Temour Tchqonia, soutenu par Mikheil Djanikachvili, directeur du projet "Acier géorgien" et par Omar Tchelidze, directeur de la compagnie "le vin de Ratcha", a été jusqu'à écrire au président pour lui demander une amnistie financière face à la question de l'endettement des entreprises.

Les banques et les entreprises s'accusent mutuellement de tous les maux pour expliquer en partie leurs difficultés. Ainsi, le président de "l'Association des banques de Géorgie" Zourab Gvassalia a accusé les entreprises d'être mal dirigées, ce qui poussait les banques à ne plus pouvoir leur accorder autant de crédits, du fait des risques inconsidérés encourus. Ce à quoi Siko Gueguidze, directeur général de la compagnie touristique "Via Travel", a rétorqué que les banques européennes avaient toutes baissé leurs crédits et prolongé les remboursements, mais pas la Géorgie. Entretemps, des agences de crédits et des organisations de microfinances fleurissent un peu partout dans le pays. Selon le président de la Banque nationale Guiorgui Kadaguidze, seules les aides fiscales peuvent porter des fruits, comme le conseille le FMI.

Enfin, Lacha Jvania, ministre du Développement économique, répète que les manifestations des opposants  et celle prévue le 9 avril sont la source de bien des problèmes économiques, les investisseurs se montrant trop prudents et déclarent préférer attendre fin avril.

Ce mercredi 1er avril, le premier ministre géorgien Nikoloz Guilaouri a rencontré les principaux entrepreneurs géorgiens et étrangers en Géorgie pour leur dresser un état des lieux de la situation économique du pays (Georgia Times, 01.04.2009). Selon M. Guilaouri, le mois de mars est un mois positif, car "l'activité économique a augmenté de manière signicative". La date choisie pour cette déclaration est-elle innocente?

Publié dans Economie

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