Okrouachvili préparerait-il la "surprise du chef" pour le 9 avril?

Publié le par sophie tournon

Parmi les anciens ministres de Mikhéil Saakachvili désormais entrés en opposition, le plus original est sans conteste Irakli Okrouachvili, fondateur du parti "Mouvement pour la Géorgie unie" et interdit de territoire géorgien. D'après son entourage, l'ancien ministre de l'Intérieur, puis de la Défense et enfin de l'Economie sous le premier mandat de M. Saakachvili, préparerait son retour pour le 9 avril ou peu après (Tamta Karchava, Resonance weekly, 27.03.2009) (Notice biographique sur Colisée.org, et sur les détails de sa situation juridique, cliquer ici).

Cette annonce, qui entretient le flou quant à la date précise de son retour et à la manière de pénétrer en Géorgie, a tout d'une entreprise de communication provocatrice, comme en a l'habitude le sieur, en vue de faire réagir le gouvernement actuel. Y aurait-il des négociations secrètes ou des tractations en vues entre l'oligarque exilé, l'opposition et le gouvernement? C'est pratiquement ce que sous-entend Kakha Koukava, co-leader du parti conservateur qui l'a rencontré à Paris, lorsqu'il prétend que le ministère de l'Intérieur "changera d'avis" à son sujet à l'approche du 9 avril.

Pourtant, M. Okrouachvili est attendu de pied ferme : la police a ordre de l'arrêter en tant que criminel accusé de d'extorsion, d'abus de pouvoir et de blanchiment d'argent. Arrêté fin septembre 2007, M. Okrouachvili fit début octobre des "aveux" médiatiques : il regrettait ses accusations médiatisées contre le président Saakachvili, accusations où il affirmait que ce dernier avait été le commanditaire de plusieurs assassinats de "gêneurs", dont celui de l'oligarque et opposant Badri Patarkatsichvili (Sur les retentissements de cette arrestation, lire l'analyse de Lili Di Puppo, Caucaz.com, 03.10.2007).

Libéré sous caution (d'un montant de 4 ou 6 millions de dollars selon les sources), il a quitté - probablement contraint - le pays pour l'Europe. De son exil en Allemagne, il a aussitôt affirmé que ses aveux lui avaient été extorqués sous la violence. La Géorgie a lancé contre lui un mandat d'arrêt international. Il est alors remis à la France, pays de son visa Schengen. Là, il a reçu en avril 2008 le statut de réfugié politique, au grand dam de Tbilissi. Il encourt une peine de 11 ans de prison en Géorgie (Le Point, 23.04.2008).

Publié dans Politique intérieure

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