Une opposition désorganisée et irresponsable?

Publié le par sophie tournon

Un article de l'agence de presse Reuters analyse la situation de l'opposition géorgienne (Reuters, 06.04.2009)
Selon les journalistes Matt Robinson et Maragrita Antidze, l'appel de l'opposition géorgienne à une manifestation massive dans les rues de Tbilissi - 150 000 personnes sont espérées – pour réclamer la démission du président Mikhéil Saakachvili ne peut cacher le manque d'unité politique entre les leaders des différents partis d'opposition, ainsi que leur soif de pouvoir.
Les critiques qui fusent sur l'équipe présidentielle se concentre sur la gestion de la guerre d'août et ses conséquences désastreuses, sur l'état de la démocratie, de l'indépendance de la justice et de la liberté des médias.
Chorena Chaverdachvili, rédactrice en chef du mensuel « Tskheli Chokoladi », affirme que l'intelligentsia, qui s'est progressivement détachée de l'actuel président, "se sent offensée et perdue avec cette nouvelle classe dirigeante jeune, éduquée à l'occidentale, et qui lui explique les nouvelles règles du jeu."
Mikhéil Saakachvili met en avant ses succès économiques et sa capacité à garantir le niveau des investissements et la stabilité, ce qui fait dire à M. Cornell que, comme la population est plus préoccupée par sa vie au quotidien, elle se lasse des querelles politiques permanentes et seuls les opposants les plus radicaux se retrouveront à manifester.

De plus, les partis d'opposition ont fait de la démission de Mikhéil Saakachvili leur pierre angulaire à un point tel qu'en cas d'échec de leurs revendications, le pays court le risque d'une crise politique dommageable sur le plan intérieur comme international.

« Que ferez-vous si le président ne quitte pas ses fonctions », demande le spécialiste Svante Cornell. Seule réponse embarrassée : il y aura probablement un risque de violence...

Publié dans Politique intérieure

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