La mairie de Tbilissi offerte à l'opposition ?

Publié le par sophie tournon

Il se pourrait que le gouvernement consente à sacrifier la mairie de Tbilissi et, par là, à « offrir » la capitale, ville la plus peuplée du pays, aux opposants (Georgia Times, 07,04,2009). 

Les médias géorgiens ont été jusqu'à annoncer que le président Saakachvili songeait a faire de l'actuel maire Guigui Ougoulava son « dauphin ». Ce dernier a confirmé cette proposition de compromis en se disant prêt à tout faire pour obtenir la révision du système de scrutin. Actuellement, le maire est élu de manière indirecte par le Sakreboulo, or depuis trois ans, l'opposition réclame des élections directes. Le vice-président du Parlement Mikhéil Matchavariani s'est dit opposé à cette réforme (Civil.ge, 04,02,2009).

Guivi Targamadze, député de la Nouvelle droite, s'est réjoui de cette proposition d'élections municipales avancées pour 2010, et espère une réforme du Code législatif afin que l'opposition puisse remporter ces élections. Mais il souligne que cette proposition ne sera suivie d'aucune autre : les élections parlementaires ou présidentielles ne seront pas avancées. Ces concessions ne sont pas du goût de l'opposition, qui campe sur ses positions, comme « prisonnière » de ses revendications extrêmes de voir M. Saakachvili démission à l'issue du 9 avril. Madame Zourabichvili a ajouté de l'huile sur le feu en lançant un ultimatum à Mikhéil Saakachvili : « il devra démissionner au plus tard le 26 mai », menace-t-elle (Georgia Times, 07.04.2009).

Entretemps, les partis d'opposition se préparent activement aux manifestations prévues dans tout le pays le 9 avril. Les experts craignent que celles-ci ne dégénèrent en émeutes violentes, soit à cause d'une intervention musclée des forces de l'ordre, soit à cause des manifestants, pourtant appelés à défiler les mains levées en signe de paix et pour prouver que l'opposition est « désarmée » (référence aux accusations de préparation d'un coup d'Etat grâce à l'achat illégal d'armes). Chacun cherche à rejeter sur l'autre la responsabilité des possibles débordements à venir.

Publié dans Politique intérieure

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