Préparatifs de la journée d'action du 9 avril

Publié le par sophie tournon

Les partis d'opposition ont tenu à présenter aux diplomates étrangers postés en Géorgie leur programme d'action pour la journée de demain.

Dans l'un des points présentés, ils disent garantir, sûrs d'eux, la sécurité de Mikhéil Saakachvili une fois sa démission dûment déposée. Autre point fort de leur déclaration : ils déclarent vouloir collaborer avec les forces de l'ordre chargées d'encadrer les manifestations afin d'éviter tout risque de débordement et toute violence. Ils comptent enfin sur la présence d'observateurs internationaux, gage de leur bonne volonté, de leur transparence et de leur pacifisme, tout en demandant aux Etats et organismes étrangers d'éviter toute ingérence dans cette journée d'action (Civil.ge, 07.04.2009).

Lors de cette rencontre avec les diplomates étrangers, un texte a été lu présentant les revendications et les reproches de ces partis d'opposition alliés à l'encontre du président Saakachvili. Ils accusent le président d'avoir commencé la guerre contre son propre peuple en Ossétie du Sud. D'avoir été vaincu dans cette guerre impossible à remporter contre la Russie. D'avoir perdu des territoires géorgiens. D'avoir détruit l'économie nationale et d'avoir vendu aux Russes des pans entiers d'activités économiques. D'avoir porter atteinte aux libertés fondamentales, dont celle de la presse. D'avoir anéanti le droit à la propriété privée. De s'accrocher au pouvoir par tous les moyens légaux et illégaux. Ainsi, le président n'a plus de légitimité à conserver ce poste et à diriger le pays, qui doit retrouver la voie de la véritable démocratie. La manifestation du 9 avril est l'expression de la volonté du peuple, et elle durera jusqu'à la démission du président. A la suite de sa défection, des élections présidentielles seront organisées dans les 45 jours, le président du Parlement prenant temporairement la tête du pays, suivant la Loi. Le texte met en garde la Russie contre toute intervention qui serait alors interprétée comme une aide destinée au président géorgien honni (Civil.ge, 08.04.2009).

Un des leaders de l'opposition, M. Gatchetchiladze, a tenu à préciser que : « En Géorgie, il n'y a pas plus radical que Mikhéil Saakachvili », dénonçant ainsi les accusations d'extremisme lancées par le président contre l'opposition. Madame Bourdjanadze a souligné à son tour : «  Nous ne sommes pas une opposition radicale, mais l'opposition qu'il faut dans ces circonstances. » (Georgia Times, 08.04.2009)
La chaîne de télé « Maestro » a dévoilé hier le plan d'action de la manifestation de demain : les manifestants se retrouveront dans trois endroits de la capitale – à Avlabari, devant l'Université et devant le bâtiment de la chaîne de télévision publique - pour ensuite se retrouver vers 14h devant le Parlement. A 15h, les leaders de l'opposition feront des déclarations à la foule rassemblée – 150 000 personnes sont espérées. Des manifestants seront aussi postés devant la résidence présidentielle et face aux sièges de la chaîne d'Etat et de celles qui sont étiquetées pro-gouvernementales : « Imedi » et « Roustavi 2 » (Civil.ge, 08.04.2009).

La manifestation sera aussi observée par un monitoring d'experts internationaux et nationaux rassemblés à la demande du ministère de l'Intérieur. Des caméras disposées dans le centre ville serviront à examiner les mouvements de population et les leaders de l'opposition. Ces derniers ont de leur côté appelé des experts internationaux à jouer le rôle d'observateurs indépendants. Le médiateur de la république a lui aussi affirmé qu'une centaine de représentants du médiateur et d'ONG seront postés dans la ville de manière visible afin de suivre les événements au plus près (Civil.ge, 08.04.2009).

Notons que cette journée sera couverte par un nombre considérable de journalistes du monde entier, certainement un record, selon le quotidien « Rezonansi ». Enfin, l'opposition et le gouvernement peuvent être assurés que les chaînes prestigieuses du monde retransmettront l'événement en direct (Georgia Times, 08.04.2009).

Publié dans Politique intérieure

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