"Il n'y aura pas de nouvelle révolution le 9 avril"

Publié le par sophie tournon

Le vice-premier ministre de la Géorgie Guiorgui Baramidze a répondu au quotidien russe « Kommersant » le 8 avril.

 

Selon M. Baramidze, les manifestations prévues pour le 9 avril ne menaceront pas la stabilité du pays, mais sont

un signe caractéristique d'une période transitoire doublée de deux crises économique et militaire. Malgré le radicalisme de l'opposition, il se dit confiant dans la volonté de cette dernière à manifester sans violence, dans le cadre de la loi.
Toutefois, il craint que la Russie ne se serve de l'oppostion pour prendre le contrôle de la Géorgie, son but ultime. Selon lui, si la Russie n'a pas pris Tbilissi en août 2008, c'est grâce à la réaction de l'Occident. Il reste alors à la Russie à jouer la carte de la déstabilisation politique offerte par l'oppostion anti-Saakachvili. A propos des réactions mitigées des leaders européens quant à la Géorgie, M. Baramidze soutient que « la Géorgie est la conscience de l'Europe et de tout l'Occident : faut-il abandonner la Géorgie à la Russie ou non? C'est une question de morale, de principes et idéelle pour l'Occident. »


Sur la guerre de cinq jours en août 2008, M. Baramidze réfute la thèse russe de l'erreur géorgienne d'avoir pénétré en Ossétie du Sud. Il affirme que l'armée géorgienne n'a fait que protéger sa population, mais admet « que nous avons commis quelque chose en Ossétie du Sud, mais n'était-ce pas là une affaire interne à la Géorgie? » Il accuse la Russie d'ingérence et d'occupation en Ossétie du Sud et en Abkhazie, et rappelle que si l'URSS a bien occupé la moitié de l'Europe, cela n'a duré qu'un temps... Sur le court terme, dans les territoires occupés, la force dominera, dit-il, et la Russie aura la primauté, mais il est plus malaisé de prédirece qu'il sera de la situation sur le long terme. « Vous [les Russes] avez le Nord Caucase qui ne connaît pas la paix et qui observe attentivement toutes les erreurs de la Russie, comme la reconnaissance des régimes séparatistes, » ironise-t-il.

Il affirme enfin que si, dans l'immédiat, la guerre a coûté l'OTAN à la Géorgie, elle a permis à la population géorgienne de se rassembler autour de la certitude que l'OTAN sera la seule issue à ses problèmes. Les portes de l'organisation nord-atlantique ne sont pas irrémédiablement fermées, et tous les espoirs sont permis.


Sur la légitimité du président Saakachvili remise en cause par l'opposition, qui parle de fraudes lors des dernières élections, M. Baramidze affirme que le président a été élu de manière démocratique, les élections ayant été validées par les observateurs de l'OSCE. S'il n'est pas question d'anticiper la prochaine présidentielle, un dialogue avec l'opposition n'est pas exclu, notamment sur les thèmes du système électoral et des réformes constitutionnelles. Il n'est, selon lui, pas question d'une nouvelle révolution.

Publié dans Politique intérieure

Commenter cet article