9 avril 2009 : une journée pacifique que ça

Publié le par sophie tournon

La manifestation de ce jeudi 9 avril s'est déroulée pacifiquement, comme le souhaitaient les autorités et les partis d'opposition à l'origine de cette journée. Le nombre de participants oscille, selon les sources, entre 25 000 personnes (ministère de l'Intérieur) et plus de 100 000 (selon l'opposition unie organisatrice). Selon « Civil Georgia », les manifestants ont été un peu moins de 100 000. Quelques milliers étaient rassemblés à Batoumi à l'appel de l'opposant Zourab Noghaideli, ainsi que dans d'autres grandes villes du pays.


Le président Mikhéil Saakachvili a déclaré que cette manifestation « montre au monde que la Géorgie est un Etat démocratique et qu'aucune déstabilisation n'adviendra. (...) Nous observons que certaines personnes rassemblées au centre de Tbilissi sont insatisfaites de leur statut, mais qu'elles n'ont absolument aucun soutien au-delà de la capitale. » (Civil.ge, 09.04.2009). D'après le quotidien russe « Nezavissimaya gazeta », le président était conforté dans sa décision de ne pas quitter le pouvoir par les résultats de sondages indépendants effectuées par des instituts occidentaux (lesquels, l'article ne le dit pas) : seulement 28% des sondés géorgiens se disent favorables à un départ immédiat du président, et nombreux sont ceux qui doutent d'une opposition aussi divisée (Youri Simonian, Nezavissimaya gazeta, 09.04.2009).

 

Les leaders de l'opposition se sont relayés au micro, sur une tribune élevée face au Parlement, en répétant les discours contre Saakachvili déjà assénés depuis des jours dans les médias, et ponctués du slogan « Micha, tsadi! » (Micha, va-t-en!). L'intervention de Nino Bourdjanadze a été sifflée, ce qui l'a obligée à présenter ses excuses pour avoir été au premier plan lors de l'intervention musclée des forces de l'ordre contre des manifestants en novembre 2007 (elle était alors présidente du Parlement). Ces leaders ont appelé la population à se rassembler quotidiennement à 15h devant le Parlement pour montrer leur détermination et leur volonté d'obtenir la démission de M. Saakachvili. Ils ont affirmé vouloir passer la nuit sur place. Irakli Alassania dit attendre une réponse du président pour demain vendredi avant de dévoiler les plans de l'opposition pour les jours à venir (Civil.ge, 09.04.2009).

 

Parmi les problèmes rencontrés lors de cette journée d'action politique anti-Saakachvili, l'opposition affirme qu'une soixantaine de membres du parti de Madame Nino Bourdjanadze ont été arrêtés en Chida Kartli, ce que dément le ministère de l'Intérieur. Par ailleurs, les voies d'accès vers la capitale depuis la Mégrélie et la Kakhétie auraient été barrées, information aussi démentie par les autorités.

 

Levan Gatchetchiladze, l'un des leaders de l'opposition, a donné 24 heures au président Mikhéil Saakachvili pour convenir d'une date pour des élections présidentielles anticipées (Civil.ge, 09.04.2009) http://www.civil.ge/rus/article.php?id=18979. Par cet ultimatum, l'opposition signifie la fin de non recevoir définitive à toutes les tentatives du gouvernement de rétablir le dialogue. Toutefois, Peter Semneby, représentant spécial de l'Union européenne pour le Sud Caucase, croit qu'un dialogue est toujours possible ente les deux côtés apparemment irréconciliables (IA Regnum, 09.04.2009).

 

Publié dans Politique intérieure

Commenter cet article