Saakachvili : "J'ai pris les meilleures décisions possibles"

Publié le par sophie tournon

A la question de la journaliste de Newsweek « Qui réclame votre démission? », le président Mikhéil Saakachvili répond sans ambage : « Des personnes sans emploi. A cause de nos réformes, nous avons mis à la rue 250 000 personnes. Un grand nombre d'entre elles n'ont pas réussi à se reconvertir. En combattant la corruption et la criminalité, nous avons mis des centaines d'individus en prison. Rien qu'à Tbilissi, nous en avons enfermé 8 000; ce sont leurs proches qui défilent aujourd'hui dans la rue pour réclamer ma démission. »

 

Le président affirme se tenir au courant des critiques à son encontre en suivant quotidiennement les deux chaînes d'opposition. Mais par dessus-tout, ce qui l'a le plus peiné fut la réaction craintive de ses partenaires politiques et économiques étrangers, qui ont préféré remettre à plus tard leurs visites professionnelles ou diplomatiques.

 

Sur l'origine des soutiens financiers des partis d'opposition, le président dénonce les oligarques russes, sans savoir encore si le gouvernement russe couvre ces transferts.

 

Au sujet des relations tendues avec la Russie, M. Saakachvili suppose que cette dernière serait ravie de le voir quitter ses fonctions. Il se dit surtout inquiet de l'arrivée de tanks et de troupes russes en Ossétie du Sud et en Abkhazie (le ministère de l'Intérieur géorgien a dénoncé des préparatifs militaires russes capables d'envahir la Géorgie, Civil Georgia, 11.04.2009). Toutefois, il ne croit pas en la possibilité d'un second conflit engagé par la Russie, du fait que le président états-unien Barack Obama a clairement fait comprendre que cela n'était pas souhaitable pour les futures relations russo-états-uniennes.

 

M. Saakachvili déclare que « son meilleur ami » aux Etats-Unis a toujours été John McCain : « Vous pouvez le considérer comme Géorgien ». Ce dernier est attendu prochainement à Tbilissi. Le président géorgien se dit confiant dans la politique des Etats-Unis envers la Géorgie : « J'admire les idées américaines. J'idéalisais l'Amérique de Bush, quand les idées étaient placées au-dessus de la politique concrète. Maintenant, les temps ont changé, c'est la politique pragmatique qui s'occupe d'idées. »

 

Sur les rapports avec la Russie, M. Saakachvili affirme qu'il a pris les meilleures décisions politiques possibles, afin d'éviter de faire de la Géorgie l'équivalent du Kirghizstan « dépourvu de valeurs démocratiques », ou de l'Arménie « dont l'économie dépend entièrement de la Russie ». Il déclare que, dans la situation actuelle, il « gère les manifestations comme si la Russie n'existait pas, et la Russie comme s'il n'y avait pas de manifestation. » (Anna Nemtsova, Newsweek, 11.04.2009)

Publié dans Politique intérieure

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