5e jour de manifestation : journée des tentes

Publié le par sophie tournon

Incident ou pas? Dans la nuit du 11 avril, des hommes en uniforme des services la voirie de la capitale se rendent au Q.G. de l'opposition, une grande tente placée au centre de l'avenue Roustaveli. La scène est filmée par une caméra de surveillance, mais il est difficile de bien distinguer ce qui s'y passe. Un petit attroupement d'hommes en uniforme municipal et d'autres en civil se forme, les uns interpellant puis malmenant les autres.

Le 12 avril, l'opposition parle d'un « pogrom » et d'une action de provocation déployée par « une cinquantaine d'hommes en civil et en uniforme d'employés de nettoyage», armés de matraques selon certains, pour casser le matériel (ordinateurs, téléviseurs et matériel audio) laissé sur place en vue des prochains jours de manifestation (Civil Georgia, 12.04.2009).

Le ministère de l'Intérieur dément toute ingérence de ses hommes, et le maire de Tbilissi affirme qu'au contraire, ses employés ont été agressés pendant leur travail (Civil Georgia, 12.04?2009).

Difficile pourtant de savoir ce qui s'est réellement passé : une provocation de la part des forces de l'ordre, sur ordre « d'en haut », ou par désœuvrement? Ou encore : acte de violence gratuite par des inconnus en mal d'action, ou scénario monté de toute pièce par l'opposition pour accuser le pouvoir?

En tous les cas, l'opposition a pris en main la situation d'une manière fort originale : elle a finalement déposé les détritus devant la mairie! Le balai a par la suite été brandi par l'opposition comme le symbole de leur obstination à vigoureusement nettoyer le pays...

 

La situation tendue qui règne depuis maintenant cinq jours en Géorgie pourrait, selon certains pessimistes, inspirer la Russie qui continue à envoyer hommes et engins militaires dans les deux régions indépendantes de facto. Pavel Fengelbauer, expert militaire russe associé au journal indépendant russe « Novaya Gazeta », déclare que la situation en Abkhazie et en Ossétie du Sud ressemble à s'y méprendre à celle d'août 2008. Il ironise en affirmant que la Russie serait prête, si les manifestations dégénèrent comme en Moldavie, à intervenir dans le cadre d'une « ingérence humanitaire » pour « sauver le peuple frère orthodoxe géorgien »... (Roustavi 2, Courrier, 13.04.2009).

 

Alors qu'aucun compromis n'a pu être trouvé entre les opposants et Mikhéil Saakachvili, le Président du Parlement Davit Bakradze a annoncé que le pouvoir étudiait la possibilité de créer un gouvernement de coalition, à condition qu'un dialogue constructif s'établisse entre les diverses forces politiques. Cependant, des leaders de l'opposition ont réaffirmé leur détermination à ne céder à aucune proposition émanant du pouvoir, et à s'en tenir à leur revendication première : la démission de Mikhéil Saakachvili (Civil Georgia, 13.04.2009).

Ce lundi 13 avril, la manifestation s'est poursuive. Salomé Zourabichvili a appelé à bloquer l'accès à l'hôtel Marriott, Q.G. de la presse et lieu de rendez-vous officiel des autorités. Enfin, les partis d'opposition ont décidé d'étendre leur action en plantant quelques tentes devant la résidence présidentielle. D'autres tentes, surnommées « tentes cellules », sont prévues dans d'autres endroits de la capitale plus tard. Ces « cellules » seront maintenues au minimum 24 heures (Roustavi 2, Courrier, 13.04.2009).

Reste à savoir si le président Saakchvili sera impressionné.

Publié dans Politique intérieure

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