Kakha Bendoukidze : "Saakachvili restera au pouvoir"

Publié le par sophie tournon

Elena Milachina, du journal russe « Novaya Gazeta », a interviewé Kakha Bendoukidze, ancien homme d'affaires russe, économiste puis ancien ministre géorgien de l'Economie de la Géorgie qui a quitté le gouvernement en février 2009 (Novaya Gazeta, 15.04.2009)


Cliché de « Novaya Gazeta », 2003.

 

Selon M. Bendoukidze, il n'est pas nécessaire d'avoir une nouvelle génération de politiciens au pouvoir, il faut simplement changer de politique. Ceux qui se prétendent « nouveaux réformateurs », Irakli Alasania, Nino Bourdjanadze et les autres, ne sont d'après lui animés que par l'idée de revanche vis-à-vis de Mikhéil Saakachvili, avec qui ils ont tous collaboré. Il affirme avoir pris connaissance du programme économique de la « Nouvelle droite », inchangé depuis 2003, et de Zourab Noghaïdeli, qui ressemble à s'y méprendre à celui du gouvernement actuel, et pour cause : il était lui-même Premier ministre sous Saakachvili.

 

M. Bendoukidze pense que le conflit d'août 2008 fut la réponse logique de la Géorgie à l'agression russe. Il était impossible alors de rester passif. Le seul reproche que l'on puisse adresser, selon lui, à Saakachvili est celui de l'incompétence de l'armée géorgienne, due au manque criant de moyens, d'armes et de soldats professionnels. Mieux préparée, l'armée géorgienne aurait tenu plus longtemps, et les alliés occidentaux aurait pu réagir sans précipitation. « Dommage que pour tout résultat de cette guerre, nous subissons des pertes qui annulent tout ce que nous avions si durement atteint. »

 

Pour lui, la perte de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud permet au monde de voir que la Russie est partie prenante de cette guerre, et non une garante du maintien de la paix.

 

Il pense que la Russie peut déstabiliser la Géorgie et permettre l'établissement d'un pouvoir non pas meilleur mais plus faible que l'actuel. Mais il reste persuadé que Mikhéil Saakachvili ne quittera pas ses fonctions.

  

M. Bendoukidze ne songe pas à retourner au gouvernement, même en tant que conseiller, et ne compte pas créer son parti, encore moins rejoindre l'opposition qu'il ne croit pas compétente.

 

 

Publié dans Politique intérieure

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willycat 16/04/2009 18:27

Vive Kakha !!!