Pour Guiorgui Kavkasidze, les Géorgiens sont des Orientaux en cours d'occidentalisation

Publié le par sophie tournon

Dans le quotidien géorgien « 24 saati », Guiorgui Kavkasidze, président de la diaspora géorgienne en Suisse, publie une longue lettre ouverte, sorte d'introduction rapide à l'interculturel, adressée à ses compatriotes englués dans la contestation (24 საათი, 15.04.2009).

 

M. Kavkasidze se permet, du fait de son expérience dans le marketing stratégique et de ses nombreux voyages de par le monde, de dresser une typologie rapide d'une Géorgie à cheval entre l'Orient et l'Occident, afin d'expliquer les problèmes auxquels la société civile géorgienne fait actuellement face.

 

A travers divers exemples, il cherche à montrer que les Géorgiens ont une culture qui se rapproche davantage de celle des « Orientaux » (le Moyen-Orient) que des « Occidentaux » (la « vieille Europe »).

 

Selon lui, l'Orient se distingue par des caractéristiques concrètes, tirées du quotidien, que l'on retrouverait chez les Géorgiens et qu'il généralise. Ainsi, pour toute action entreprise, l'Orient donnerait plus d'importance au processus qu'au résultat, et le temps serait appréhendé de manière différente. Les Orientaux aborderaient toute nouvelle action en mettant systématiquement en garde ou en accumulant les interdictions, alors que les Occidentaux encourageraient et soutiendraient les initiatives personnelles. L'Orient développerait une plus grande faculté à l'hypocrisie et à la flatterie. Enfin, les Orientaux seraient notoirement indisciplinés et contourneraient facilement la loi. Ce trait se retrouverait en Géorgie, où, dit-il, les hauts fonctionnaires accumulent les infractions. Il met toutefois cela aussi au compte de « l'éducation soviétique » et de la culture des brigands issus de la littérature géorgienne.
 

L'auteur de cette lettre met aussi en avant le rôle secondaire de la société civile en Orient, où dominerait l'image du chef autocrate. Au contraire, l'Occident aurait une société civile plus autonome et responsable, la Suisse étant le parangon de ce système.

 

M. Kavkasidze déplore que les citoyens géorgiens se désintéressent de la politique, au point de méconnaître les programmes des candidats aux élections, tout en votant pour eux. Il y voit le signe que la société civile géorgienne, encore orientale sous bien des aspects, se croit occidentale mais n'ose remettre ses valeurs en question.

 

Il appelle ses compatriotes à faire la synthèse des valeurs orientales et occidentales afin de changer, d'avancer, et de réformer la société géorgienne et sa politique. Il insiste sur l'importance de passer par une auto-critique avant de s'en prendre au gouvernement élu par le peuple. Les Géorgiens doivent être responsables et prendre conscience de leurs devoirs de citoyens : s'informer, agir en connaissance de cause, et réagir constructivement en cas de problème. Depuis l'indépendance de la Géorgie, la société géorgienne n'aurait cessé de se plaindre de ses gouvernements : M. Kavkasidze rêve d'une société civile géorgienne qui jugerait ses gouvernants selon leur déviation de leur programme politique et leurs infractions à la loi...

Publié dans Culture

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