OTAN en Géorgie : une énième pomme de discorde pour la Russie

Publié le par sophie tournon

Le président russe Dmitri Medvedev a déclaré que la Russie suivrait avec la plus grande attention l'enseignement militaire dispensé par l'OTAN en Géorgie, et prendra, le cas échéant, les mesures nécessaires, car selon lui, la présence de l'OTAN en Géorgie est « une décision dangereuse » (Civil Georgia, 18.04.2009).


La Russie se méfie de l'OTAN en tant qu'organisation militaire américaine, et plus largement occidentale, issue de l'idéologie anti-communiste de l'époque de l'URSS et reconvertie, selon certains, en idéologie anti-russe. La présence de cette dernière en Géorgie est perçue comme une ingérence dans la politique russe sur les territoires appartenant « traditionnellement » à la sphère politique russe, ce qui en russe s'appelle « l'étranger proche » (comprendre : les anciennes républiques soviétiques).


De son côté, la Géorgie espère entrer dans l'organisation atlantiste, bien que ses chances ont été sérieusement réduites depuis le conflit d'août 2008 en Ossétie du Sud et l'arrivée à la Maison Blanche de la nouvelle équipe démocrate, plus ouverte à des négociations avec la Russie.


La présence de formateurs dépêchés par l'OTAN en Géorgie n'est pas une nouvelle : elle était prévue depuis avril 2008, donc bien avant le conflit et les élections états-uniennes. En outre, de nombreux Etats non membres de l'OTAN participeront à cette formation militaire (l'Arménie, les Emirats Arabes Unis, ...), qui se veut ouverte même à la Russie. Ceci devrait être un « gage » de la relative neutralité de cet enseignement qui se veut non offensif, mais de mise à niveau d'une armée géorgienne peu fière et de rapprochement de l'OTAN avec la Géorgie, considérée comme un partenaire stratégique.

Cependant, le représentant russe à l'OTAN Dmitri Rogozine soutient que « Les arguments de nos partenaires sur le fait que la formation en Géorgie était prévue depuis longtemps ne nous conviennent pas. Car ces plans ont été rédigés bien avant qu'il y ait des morts en Géorgie, en Ossétie du Sud et en Abkhazie, morts dues à un seul individu que l'OTAN considère comme son allié. » (Izvestia, 20.04.2009)

La formation, intitulée « Cooperative Longbow 09/Cooperative Lancer 09 », durera du 9 mai au 1er juin et se déroulera sur la base militaire de Vaziani. Y sont attendus 1300 militaires de 19 pays partenaires, dont l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Bosnie, la Serbie, l'Herzégovine, le Kazakhstan, la Moldavie... (Civil Georgia, 16.03.2009)

Toutefois, l'Estonie, la Lituanie et le Kazakhstan se sont décommandées tout récemment. (Georgia Times, 20.04.2009). Serait-ce le début d'une « épidémie »? Rappelons que le 17 avril, l'Azerbaïdjan a opéré un rapprochement politique (sur la question du Haut Karabagh et de la fourniture en armes) et économique (sur la question du gaz azerbaïdjanais) avec la Russie (apsny.ge, 20.04.2009). L'Azerbaïdjan se décommandera-t-il aussi prochainement du programme de l'OTAN en Géorgie?

Publié dans International

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