Législatives à rebondissement en Ossétie du Sud

Publié le par sophie tournon

L'Ossétie du Sud se prépare pour les élections législatives prévues le 31 mai 2009. Alors que les candidats se font officiellement enregistrer, un premier « scandale » vient d'éclater (Commersant, 21.04.2009)

 

Les candidats du « Parti populaire » de Roland Kelekhsaev (photo ci-dessous) ont été interdits de participation aux élections et comptent porter plainte contre l'instance qui les a déboutés, le Comité central exécutif (TsIK) d'Ossétie du Sud. Deux semaines auparavant, le « Parti populaire » s'était réuni à Tskhinvali en vue de dresser la liste des candidats aux élections, quand, d'après M. Kelekhsaev, des individus masqués et armés ont fait irruption, ont arrêté 4 des membres présents, les ont menés au poste de police puis les ont relâchés le soir même.

 

Entretemps, une autre réunion était organisée par Valeri Bibilov, membre du parti « Unité » et chef du ministère des Situations extraordinaires d'Ossétie du Sud. Cette réunion se substituait à celle du « Parti populaire » en lui prenant son nom. A l'issue de cette réunion « alternative », une liste de candidats aux élections « loyaux aux autorités actuelles » a été présentée et officiellement enregistrée.

 

M. Kelekhsaev dénonce cette mise en scène destinée à anéantir l'opposition dans la république, mais se fait pas d'illusion sur les suites données à sa plainte : « Nous n'avons pratiquement aucune chance d'obtenir justice, étant donné que le président [Edouard Kokoyty] d'Ossétie du Sud se substitue en personne au système juridique et exécutif. » Il ajoute : « Notre parti est le seul à s'opposer ouvertement au changement de la Constitution et au troisième mandat de Kokoyty. »

 

D'après lui, le vol de son parti par des membres issus de l'entourage du président s'explique par le fait que, pour sauver les apparences de république démocratique pluraliste, le pouvoir en place a besoin de candidats acquis mais siégeant dans des partis divers. Ainsi, ne pouvant au dernier moment former un nouveau parti en vue des législatives, il a « suffi » de noyauter un parti d'opposition, faisant d'une pierre deux coups : profiter d'une structure politique prête pour présenter ses candidats sous un nom autre que celui du parti présidentiel « Union des défenseurs de la Patrie », et éliminer des opposants.

 

Le journaliste de « Commersant » cite en outre une source selon laquelle l'homme d'affaires russe Albert Djoussoev, directeur de « Stroyprogress » qui a en charge le gazoduc entre les deux Osséties, serait le financier du « Parti populaire » et aurait pour ambition de bloquer la réélection de Kokoyty. M. Kelekhsaev dément ces allégations.

 

Ces élections promettent des rebondissements que nous suivrons avec attention...

 

Commenter cet article