David J. Smith : "Pourrez-vous préserver la démocratie en Géorgie?"

Publié le par sophie tournon

David J. Smith, politologue américain, directeur du « Georgian Security Analysis Center » à Tbilissi, offre un long article d'encouragement à l'attention des Géorgiens, dans le quotidien « 24 saati » du 22.04.2009.

 

A la question que, selon lui, tous les Géorgiens se posent : « Est-ce normal pour une démocratie de manifester », il répond positivement. Il affirme que faire la politique dans la rue n'est en rien exceptionnel, et que par ce biais, la société exprime sa valeur et son dynamisme. Il félicite les Géorgiens pour avoir su éviter, le 9 avril, les risques de vandalisme et de violence, mis à part quelques cas inévitables. Et si certains ont tenté de prendre l'avantage, et de fabriquer des « incidents médiatisés », il répète que ce sont là choses tout aussi inévitables.

M. Smith insiste sur le sentiment de fierté que les Géorgien doivent ressentir, au pouvoir ou dans l'opposition, au vu du déroulement des manifestations actuelles. Il souligne non sans humour qu'une des victoires de la Géorgie se mesure au fait que des nombreux journalistes étrangers venus pour le 9 avril, pratiquement aucun n'est resté.


M. Smith invite les Géorgiens qui douteraient encore du bien fondé de sa réponse à regarder plus attentivement la télévision, afin qu'ils se fassent une idée des manifestations qui sévissent dans les sociétés occidentales. Selon lui, l'examen de la démocratie ne s'estime pas d'après le niveau d'harmonie obtenu, mais sur la capacité de la société à rester civilisée. En ce sens, « la Géorgie a parfaitement passé cet examen ». Mais le plus dur ne fait que commencer.


M. Smith propose un détour par l'histoire des Etats-Unis comme point de comparaison : il rappelle qu'en 1780, son jeune pays affaibli par la guerre d'indépendance et la crise économique connaissait un avenir incertain. Les débats faisaient rage parmi les politiciens et dans la rue. En 1787, en Philadelphie, une Convention devait statuer sur la future Constitution. L'auteur raconte une anecdote édifiante : "Une vieille dame demanda à Benjamin Franklin si finalement les Etats-Unis seraient une monarchie ou une république. Ce dernier lui répondit : « Une république, pourvu que vous en preniez soin»." Par la suite, d'autres manifestations éclatèrent dans l'histoire des Etats-Unis, et celles de 1960 contribuèrent aussi pour beaucoup à faire de ce pays la puissance qu'il est aujourd'hui, avec le président qu'il s'est choisi récemment.


M. Smith termine son article en apostrophant la société géorgienne : « Pourrez-vous préserver la démocratie? Pourrez-vous prendre soin de vos acquis?» Après tout, la Géorgie a elle aussi survécu à bien des maux et des guerres depuis son indépendance, et a continué à évoluer sur la voie de la démocratie. Maintenant, aux Géorgiens de décider de leur avenir.

Publié dans Politique intérieure

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