9 mai : démission de Saakachili, ou 16 mai : fin des manifestations?

Publié le par sophie tournon



Salomé Zourabichvili l'assure : le 9 mai verra la victoire de l'opposition. L'ultimatum est commencé : le président Saakachvili a 72 heures pour quitter le pouvoir. La menace brandie pour l'y inciter est le blocage des voies d'accès de la capitale et l'occupation des points de contrôle des entrées à la frontière. L'opposant Goubaz Sanikidzé s'est préalablement fendu en excuses auprès des Etats voisins pour la gène qui sera alors occasionnée. Seul hic : l'opposition n'avait pas prévue « l'incident » du coup d'Etat déjoue sur la base de Moukhravi, qui occupe le gouvernement de manière exclusive.

Quant aux autorités géorgiennes, lassées par les manifestations et inquiètes de l'image de la Géorgie à l'étranger, et alors que l'OTAN et une vingtaine d'Etats sont présents sur le territoire géorgien pour une formation militaire pacifique internationale, elles ont fait savoir ce lundi 5 mai que l'opposition avait jusqu'au 16 mai pour terminer ses manifestations. A cette date, les routes devront être rendues aux Tbilissiens et les accès aux bâtiments publics libérés. Le pays pourra alors fêter dignement la fête nationale, le 26 mai.

Depuis hier, des spécialistes et des professionnels de diverses branches économiques ont martelé dans les médias que le blocage des accès routiers géorgiens aboutirait à une crise économique aggravée. En outre, Davit Bakradzé, président du Parlement, dont les sessions se tiennent depuis plusieurs jours en-dehors de l'Assemblée nationale à cause des tentes-cellules qui l'entourent, a réaffirmé hier qu'il n'y aurait aucune élection anticipée, ni présidentielle ni législative.

Toutes les propositions de dialogue ayant été systématiquement rejetées par l'opposition, le pouvoir semble sinon résigné, du moins lassé par ce bras de fer politique que d'aucuns qualifient d'impasse. Enfin, le catholicos-patriarche Ilia II a répété hier, après s'être entretenu avec des ambassadeurs étrangers, que le dialogue, et non les actions illégales, devait s'imposer.

L'opposition se retrouve ainsi entre deux feux : poursuivre ses menaces en se concentrant sur sa certitude d'avoir « gagné » le pari fou de la démission de Saakachvili, ou accepter qu'une pause, voire un compromis, est nécessaire pour sortir de « l'impasse ». Parallèlement, Mikhéil Saakachvili fait lui aussi face à un choix cornélien : maîtriser l'opposition au risque de répéter les répressions violentes de 2007, ou laisser faire et aggraver la situation tant politique qu'économique?

Publié dans Politique intérieure

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