Sosso Tsintsadzé : "Il y a un risque de guerre civile"

Publié le par sophie tournon

Le dernier numéro de l'hebdomadaire géorgien « Kviris palitra » interview le politologue Sosso Tsintsadzé, qui revient sur l'actualité en Géorgie (კვირის პალიტრა, 11-17 mai 2009).

 

Pour M. Tsintsadzé, la Géorgie joue le rôle de la pomme de discorde entre les États-Unis et la Russie. Alors que les premiers cherchent à rétablir leur rayonnement terni sous G.W. Bush sur l'Europe et le monde, la Russie voit d'un mauvais œil toute ingérence américaine – et européenne - dans son « étranger proche ». En effet, pour l'équipe de B. Obama comme pour l'Union Européenne, la Géorgie fait partie d'un vaste projet de rapprochement avec toute l'Asie centrale, pourvoyeuse en énergie et zone stratégique par excellence, mais chasse gardée du Kremlin.

 

Dans le cadre de ce bras de fer, M. Tsintsadzé soutient que le gazoduc Bakou-Ceyhan (qui évite la Russie pour aboutir en Turquie) constitue la première défaite politique de la Russie, la seconde à venir étant le projet Nabucco en cours de négociation.

 

A propos de la tentative de soulèvement depuis la base militaire de Moukhrovani, rapidement déjoué par les autorités, M. Tsintsadzé doute que la Russie y soit pour quelque chose. Ce qu'il estime plus inquiétant est la remise en cause de la loyauté de l'armée géorgienne, fait sans précédent selon lui.

 

Sur la réunion entre des leaders de l'opposition et le président Mikhéil Saakachvili, il souligne le rôle de l'Europe, « initiatrice, organisatrice et sponsor politique » de cette rencontre.

M. Tsintsadzé estime enfin que la lutte entre l'opposition non parlementaire et le pouvoir sera résolue d'ici le 26 mai, date de la fête nationale géorgienne. Toutefois, il craint qu'en cas de non respect des promesses émises par le président lors de cette réunion, l'opposition se radicalise encore plus et en appelle à une guerre civile.

Publié dans Politique intérieure

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