Opposition unie, mais jusqu'à quand?

Publié le par sophie tournon

Guigui Ougoulava, maire de Tbilissi et personnalité politique très en vue au pouvoir (d’aucuns affirment qu’il serait le « dauphin » du président), précise le contour de la république parlementaire appelée de ses vœux par le président Mikhéil Saakachvili et la future Commission chargée de la réforme de la Constitution. Selon lui, les pouvoirs du Parlement seront renforcés et son indépendance vis-à-vis du gouvernement garantie.

 

De leur côté, les Chrétiens-démocrates, qui constituent l’opposition parlementaire majoritaire (les autres partis, depuis le résultat des dernières législatives contestées, ont en grande partie refusé de siéger au Parlement), souhaitent un régime parlementaire dans lequel le président serait choisi par les députés. Selon Guiorgui Akhvlédiani, leader des CD, un tel président sera alors au-dessus des partis et jouera le rôle d’arbitre neutre.


Le maire de Tbilissi a en outre confirmé que les élections municipales seront avancées pour le printemps 2010 et seront désormais directes, ce qui constitue un changement majeur qui pourrait pencher en faveur de l’opposition.

 

Enfin, il est revenu sur le refus présidentiel de satisfaire aux revendications de l’opposition, qui réclame des élections législatives et présidentielles anticipées. Trois raisons expliquent ce refus : les dernières élections se sont déroulées l’an passé ; la crise économique actuelle ; l’escalade qu’une telle décision ne manquerait pas de susciter, en créant un précédent appelé à se répéter pour chaque mouvement d’opposition qui briguera le pouvoir.

 

L’opposition dite « de la rue » poursuit les manifestations et cherche à les étendre dans tout le pays. Cette opposition bigarrée mais unie contre le gouvernement menace d’organiser une parade civile le 26 mai, jour de la fête nationale où une parade militaire officielle doit traverser l’avenue principale de la capitale, là où actuellement des tentes-cellules sont plantées en guise de protestation contre le président et les symboles du pouvoir (mairie, Parlement, Chancellerie). Le leader de l’opposition Lévan Gatchétchiladzé a annoncé que les tentes ne seront pas enlevées, elles sont devenues un « lieu de travail » où les opposants se rendent quotidiennement. « Ce territoire est à nous », a-t-il-dit.

 

Depuis la rencontre entre le président et les leaders de l’opposition, une fissure se précise de plus en plus dans l’union sacrée des différents partis d’opposition. Si les partis de Nino Bourdjanadzé et d’Eka Bessélia sont radicalement fermés à tout rapprochement avec le gouvernement, ceux d’Irakli Alassania, Davit Berdzénichvili, Kakha Chartava et Koka Gountsadzé se disent ouverts au dialogue, et ceux de Lévan Gatchétchiladzé et de Salomé Zourabichvili restent encore relativement neutres.

 

L’opposition « de la rue » restera-t-elle unie jusqu’au 26 mai, alors que chaque jour, chaque leader se sent obligé de répéter, comme un leitmotiv d’auto-persuasion, que même désunie, l’opposition reste unie ?

Publié dans Politique intérieure

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