Un "prisonnier politique" en appelle à ses compatriotes Géorgiens de Russie

Publié le par sophie tournon

Le quotidien russe « Nezavissimaya gazeta » s'intéresse de près au cas du professeur de droit russo-géorgien Vladimir Vakhania, arrêté en Géorgie (Nezavissimaya gazeta, 15.05.2009).


Son arrestation spectaculaire, le 15 mars, dans sa résidence de Zougdidi en Mégrélie, de même que les accusations « inventées de toutes pièces » d'espionnage et de possession d'armes (une mitraillette et deux grenades), s'inscrivent, selon le journal, dans la logique d'espionnite aigüe développée sous le régime « totalitaire » de Mikhéil Saakachvili. Pour le quotidien russe, le principal défaut de M. Vakhania, outre ses fonctions de juriste, journaliste, syndiqué, libre-penseur et compagnon d'université de Vladimir Poutine, est d'avoir créé d'un parti géorgien d'opposition.

 

Ce professeur de nationalité russe s'est vu offrir par le président géorgien la double nationalité pour l'attirer dans sa « patrie ». Depuis, M. Vakhania s'est élevé contre Saakachvili, s'attirant ses foudres disproportionnées.

 

M. Vakhania s'était adressé la veille, le 14 mars, via une lettre ouverte publiée par ce même journal, à ses compatriotes géorgiens vivant en Russie, qui sont selon lui « tous pour une normalisation des relations russo-géorgiennes dans le cadre de l'intégrité de la Géorgie ». Il fustige le régime « fasciste » au pouvoir en Géorgie, et souligne l'absence totale de présomption d'innocence à son encontre. Il accuse le pouvoir de ne voir dans les Géorgiens de la diaspora que des espions à la solde de la Russie. Il en veut pour preuve sa première arrestation arbitraire à son entrée sur le territoire géorgien, en octobre 2008 : les services spéciaux géorgiens l'arrêtent, lui confisquent son passeport russe, l'obligeant ainsi à demeurer en Géorgie alors que toute sa famille est à Moscou, le tout sous la simple présomption d'activité d'espionnage.

 

A la suite du premier congrès de son parti politique le 11 mars 2009, il est arrêté et détenu dans une prison de Tbilissi connue pour être le centre de rétention des détenus politiques. M. Vakhania assure que les prisons géorgiennes regorgent d'opposants et de prisonniers politiques, et prévient les Géorgiens de Russie des problèmes qui les attendent s'ils comptaient se rendre en Géorgie.

 

Il termine sa lettre en précisant que son parti a pour but de faire revenir ses compatriotes en Géorgie afin d'aider la population contre le pouvoir arbitraire qui s'en prend à sa propre population : « L'avenir de la Géorgie dépend pour beaucoup de vous. La Géorgie a besoin de votre voix. »

 

Publié dans Géorgie-Russie

Commenter cet article