Naissance de la Commission de réforme de la Constitution géorgienne

Publié le par sophie tournon

Ce jeudi 4 juin, le président géorgien Mikhéil Saakachvili s’est entretenu avec Avtandil Démétrachvili, tout juste nommé président de la nouvelle Commission constitutionnelle chargée de proposer une réforme de l’actuelle Constitution.

 

Lors de cette entrevue, M. Saakachvili a appelé à une nouvelle Constitution « proche des réalités géorgiennes tout en s’inscrivant dans l’esprit démocratique européen ». En réponse aux revendications de l’opposition, qui réclame des élections parlementaires et présidentielles anticipées, il rappelle les règles élémentaires du jeu démocratique, car « les élections n’ont pas lieu une ou deux fois par an, comme le veulent certains ».

 

Le président rejette l’idée d’organiser des élections anticipées surtout en cette période de crise économique. Il s’est dit ouvert au dialogue, gage de paix civile et d’unité, mais refuse de se laisser influencer « par la rue ».

 

M. Démétrachvili (photo), dont la candidature provient de la minorité parlementaire, est l’un des auteurs de la Constitution géorgienne de 1995. Il s’est déjà exprimé sur ses orientations : il souhaite un pouvoir législatif composé de deux chambres et un président « cantonné » au rôle d’arbitre. Cette Commission compte parmi ses membres des représentants de différents partis, des républiques autonomes adjare, abkhaze et sud ossète, du gouvernement ainsi que des experts.

 

Un décret est attendu pour confirmer la composition de cette commission ainsi que pour arrêter son délai, probablement fixé pour la fin décembre. Rappelons que selon la loi géorgienne, les deux tiers des voix des députés sont nécessaires pour introduire des changements dans la Constitution. Le parti présidentiel possède 120 sièges sur les 150 qui composent le Parlement.

 

La formation de cette Commission n’a pas fait l’unanimité au sein de l’opposition. Les leaders de l’opposition qui ne siègent pas au Parlement se sont opposés à cet organisme et refusent d’y participer. Outré, Davit Bakradzé, président du Parlement, s’est écrié : « Si l’opposition souhaite obtenir des résultats tangibles et un véritable dialogue, elle doit cesser de « séduire les caméras » et doit prouver sa bonne volonté…, qu’elle coopère avec la Commission constitutionnelle. »

 

Or, selon Zourab Abachidzé, politologue, ancien ambassadeur géorgien en Russie et membre du mouvement d’Irakli Alassania, « Des élections présidentielles et législatives anticipées sont notre priorité, c’est pourquoi il nous est impossible de travailler à réformer la Constitution dans cette situation. »

 

Rebondissement ou suite logique ? Aujourd’hui vendredi 5 juin, Irakli Alassania, un des leaders de l’opposition ouvert au dialogue avec le gouvernement, s’est vu proposer le poste de Premier ministre, selon le quotidien géorgien « Rezonansi ».

 

Sources : Civil Georgia et Georgia Times

Publié dans Politique intérieure

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