La Géorgie collecte les "preuves" de l'agression russe

Publié le par sophie tournon

La radio russe « Echo de Moscou » a accueilli le 6 juin, dans son émission politique conduite par Serguey Bountman, le général de l'armée russe Viatcheslav Borissov, qui prit part au conflit d'août 2008 en Ossétie du Sud.

 

Lors de cet entretien, M. Borissov est revenu sur la présence des soldats russes entraînés dans les territoires géorgiens indépendantistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud avant le déclenchement du conflit. Certaines paroles de ce responsable militaire ont été reprises par la Géorgie qui y voit la preuve que la guerre de cinq jours entre la Russie et la Géorgie a bien été déclenchée par la Russie, comme elle n'a de cesse de l'affirmer.

 

Le général Borissov (photo) déclarait en substance : « Je conduisais [mes soldats] vers l'Ossétie du Sud et la Géorgie. Vous comprenez, nous nous exerçons en permanence dans ces régions. Nos troupes avaient reçu un entraînement complet, une semaine avant [le conflit], en s'entraînant justement dans les lieux mêmes [du conflit]. On a levé le camp et on s'est mis en marche. C'est pourquoi en effectuant cette marche vers Tskhinvali, nous étions plus efficaces que ces troupes et ces unités soumises au centre et à la région, qui ont été relevé de la garde... Cela ne nous a posé aucun problème. Le commandement des forces armées, le chef du QG et le ministre de la Défense ont estimé que nos autres missions avaient aussi été plus effectives. »

 

Tbilissi espère que ces « preuves » influenceront la Commission d'enquête internationale chargée d'enquêter sur le conflit d'août jusqu'à la fin de juillet 2009. Selon la version russe, le président géorgien est à l'origine des hostilités qui aboutirent à l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, reconnues par la Russie, au grand dam de la communauté internationale. La version géorgienne affirme de son côté l'armée géorgienne tentait d'empêcher une progression des « agresseurs » russes, et que la Russie a violé l'intégrité territoriale géorgienne.

 

Cette Commission européenne, conduite depuis décembre 2008 par Madame Heidi Tagliavini, a pour mission d'établir la « vérité » sur l'origine de cette guerre qui a envenimé encore plus les relations non seulement Géorgie-Russie, mais aussi Géorgie-Abkhazie et Géorgie-Ossétie du Sud. Outre la diplomate suisse et ancienne chef de la mission de l'ONU (MONUG) pour la Géorgie Heidi Tagliavini, font partie de cette Commission : l'ancien ambassadeur allemand en Géorgie Uwe Schramm, le diplomate polonais Marian Staszewski, le général français Gilles Galet, le général et ancien chef des forces armées suisses Christophe Keickeis, les professeurs de droit allemands Otto Luchterhandt et Anne Peters, et le colonel et ancien chef de la MONUG en Géorgie Christopher Langton.

 

Le gouvernement géorgien émet depuis des mois des doutes quant à l'impartialité de certains membres de cette Commission qui avaient exprimé leur avis sur la responsabilité du gouvernement géorgien dans la conduite du conflit.

 

Le professeur Luchterhandt avait rendu un rapport sur les conséquences de la guerre selon lequel la Géorgie avait attaqué Tskhinvali de manière disproportionnée et en dépit des lois humanitaires, ce qui pouvait justifier le droit d'ingérence de la Russie, dont les observateurs postés en Ossétie du Sud avaient été pris pour cible. Le seul tort de la Russie a été, selon cet expert, de reconnaître les indépendances des deux régions sécessionnistes. Quant au lieutenant Langton, il avait fait publier un article où il accusait la Géorgie d'avoir agi de façon irresponsable et disproportionnée.

Sources : Civil Georgia, Georgia Times

Publié dans Géorgie-Russie

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