Des manifestants optent pour la violence

Publié le par sophie tournon

Certains membres de l'opposition semblent perdre patience, deux mois après le début des manifestations contre le président Saakachvili.

 

Alors que le mot d'ordre des leaders de ces mouvements anti-gouvernement a toujours été de manifester pacifiquement, dans le but d'instaurer une « guerre des nerfs » et de pousser sans heurt à la démission du chef de l'Etat, certains - une minorité de jeunes opposants du mouvement « Pourquoi? » et d'autres partis, dont les actes s'inscrivent dans une logique de « happenings » médiatiques - ont choisi de passer à l'action.

 

Jeudi 11 juin, devant le théâtre Roustavéli, à Tbilissi, un manifestant s'en est violemment pris au président de la Commission électorale, alors que de nombreux journaliste filmaient l'arrivée de ce dernier dans le théâtre, où se déroulait la cérémonie d'anniversaire que l'Ambassade du Royaume-Uni organisait en l'honneur de la reine d'Angleterre. L'assaillant a été rapidement arrêté et jugé à un mois d'emprisonnement.

 

Vendredi 12 juin, des jeunes manifestants ont organisé un « corridor de la honte » devant l'entrée du Parlement. Ils ont jeté des oeufs, et vraisemblablement des pierres, sur la voiture et l'escorte du président du Parlement Davit Bakradzé. D'autres ont arrosé d'eau un député de la majorité sortant de l'Assemblée, et ont copieusement insulté un autre député de la minorité. Ces assauts physiques et verbaux ont eu lieu alors que les députés reprenaient possession du Parlement pour la première fois depuis le début des manifestations. Leurs assemblées avaient lieu dans des hôtels et des résidences alentours, afin justement d'éviter de tels incidents aux représentants du peuple. Cinq personnes ont été appréhendées et sont passibles de 25 jours à un mois de prison.

 

Ce même jour, l'ambassadeur de la république tchèque, dont le président est actuellement à la tête de l'Union Européenne, s'était rapidement rendu sur place et a, lui aussi, été victime d'injures de la part des manifestants, très remontés contre une Europe qu'ils estiment l'alliée de Mikhéil Saakachvili.

 

Eric Fournier (Cliquer sur l'image pour accéder à la vidéo de son discours)

Ce samedi 13 juin, l'ambassadeur français Eric Fournier s'est exprimé devant les caméras de la télévision géorgienne, en géorgien, afin de faire part de sa colère face à ces derniers événements, qu'il estime être une « offense à la démocratie » : « Nous demandons que les partis politiques cessent d'inciter à la violence... Avec l'aide de nos collègues européens, nous faisons tout pour la loi et la démocratie soient respectées. » Ce à quoi l'opposant et ancien ministre Guiorgui Khaïndrava a répondu que les ambassadeurs n'étaient pas des démocrates à protéger un tel régime.

 

Sources : Civil Georgia, Georgia Online, Rustavi 2

Publié dans Politique intérieure

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