Une journée de violences avec ouverture politique à la clé?

Publié le par sophie tournon

De nouveaux incidents ont émaillé la journée du lundi 15 juin.

 

Le matin, des individus en civil ont cherché à désosser les structures des tentes-cellules postées devant le Parlement et la chancellerie. Les manifestants ont tenté de les en empêcher, en vain. Peu après, le ministère de l'Intérieur a fait une déclaration publique sur cet événement, le mettant au compte de l'exaspération des habitants des quartiers où se trouvent les tentes-cellules. Les manifestants ont soutenu que les assaillants étaient en service commandé, envoyés par ledit ministère.

 

Peu après, d'autres manifestants se massaient devant le siège de la police pour réclamer la libération de leurs camarades arrêtés suite aux incidents survenus le 12 juin devant le Parlement. Immédiatement, des policiers en civil ont fondu sur eux, armés de matraques, et ont fait preuve d'une rare violence contre les jeunes manifestants désarmés. Parmi eux, Zourab Abachidzé, un des leaders de l'opposition, est hospitalisé et admis en réanimation : il souffrait d'un traumatisme crânien et d'importantes blessures au visage.

 

Près de 40 personnes ont été arrêtées, dont des individus recherchés pour leur participation aux heurts contre les députés du 12 juin. En outre, les journalistes présents se sont vus retirer leurs appareils photos et caméras vidéos. Plus tard, un communiqué du ministère de l'Intérieur a affirmé que les manifestants bloquaient l'entrée du siège de la police et entravaient la circulation. Ces derniers ont démenti ces accusations et parlaient d'un attroupement organisé sur le trottoir en face du bâtiment.

 

En réaction à ces violences, Davit Gamkrélidzé, autre leader de l'opposition unie, a appelé les ambassadeurs étrangers à réagir comme ils l'avaient fait auparavant, afin cette fois de dénoncer la violence des forces de l'ordre utilisée de manière disproportionnée contre des civils.

 

De son côté, Salomé Zourabichvili, de l'opposition aussi, a demandé que le président Mikhéil Saakachvili tienne sa promesse faite le 10 juin, et accepte qu'elle intègre le ministère de l'Intérieur en tant que première vice-ministre. Ainsi, a-t-elle affirmé, elle pourra savoir où se trouvent les jeunes manifestants arrêtés le 12 juin et fera tout pour les sortir de leur cellule. Peu après, le président Saakachvilia répondu qu'il maintiendrait sa promesse et qu'il était toujours favorable à une « ouverture » vers l'opposition dite « radicale ». Il a par ailleurs accusé les manifestants de tout faire pour provoquer les policiers, jouant ainsi « en faveur de la Russie ».

 

Dans une dernière déclaration, le ministère de l'Intérieur a affirmé que les forces de police avaient remarqué, parmi les manifestants, les responsables des jets d'œufs et de pierres contre les députés le 12 juin, et avaient tenté de les arrêter, quand la foule hostile s'est interposée, obligeant les policiers à user de violence. Le ministère a ensuite présenté ses excuses aux journalistes, et leur a rendu leur matériel professionnel. Mais la réaction des chaînes de l'opposition « Maestro » et « Kavkassia », pour qui travaillent ces envoyés spéciaux, ont cessé d'émettre en guise de protestation, afin, ont-elles dit, d'attirer l'attention de la communauté internationale sur la situation en Géorgie.

Sources : Civil Georgia, Georgia Times, Rustavi 2, Georgia online.

Publié dans Politique intérieure

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