Saakachvili résume la situation de la Géorgie dans un discours fleuve

Publié le par sophie tournon

Le lundi 15 juin, le président géorgien Mikhéil Saakachvili s'est exprimé devant les députés de la majorité, qu'il a félicités pour leur sang-froid depuis le début des manifestations, qui ont encerclé le Parlement. Il a estimé que le Parlement géorgien était « le plus digne du monde. »

 

Parmi les thèmes abordés dans son discours fleuve, il a parlé de la résolution onusienne qui devait être décidée dans la nuit même. Sur la réunion de l'ONU, M. Saakachvili s'est déclaré confiant en ses alliés, qui ne pourraient permettre que la Russe n'use de son droit de veto comme d'un levier de « chantage ». En cas d'échec, la Géorgie se passerait de cette mission, mais pas de son intégrité territoriale. On sait aujourd'hui que cette résolution a mis fin au mandat des observateurs internationaux en Abkhazie, suite au véto russe.

 

Auparavant, le président a tenu à tracer l'historique des événements qui ont secoué la Géorgie depuis son indépendance. Selon lui, depuis les années 1990, la Russie mène une guerre secrète contre la Géorgie. « Des dizaines de citoyens géorgiens ont été tués, et des dizaines de milliers ont été chassés et personne n'a jamais accusé de la Russie pour ces crimes. Puis, il y eut des provocations et des soulèvements en Géorgie, une guerre civile, un embargo économique, et la Géorgie a été obligée d'entrer dans la CEI et de signer de funestes accords. » M. Saakachvili a insisté sur l'importance de cette remise en contexte des relations russo-géorgiennes, tout en soulignant la grande différence qu'il y avait entre sa présidence et celle de son prédécesseur Edouard Chevardnadzé.

 

Sur la guerre de cinq jours qui opposa la Géorgie à la Russie en août 2008, le président géorgien a affirmé que si la Russie avait atteint son but, les drapeaux russes et sud ossètes flotteraient aujourd'hui sur le Parlement. Suite à l'échec de cette stratégie d'annexion, le premier ministre russe Vladimir Poutine serait passé « à un second plan » : déchirer l'Europe et l'Asie sur le terrain caucasien, en Géorgie même. Dans cette même optique, le président a estimé que l'opposition géorgienne combattait non pas sa personne, mais s'élevait contre le pays, cherchait à l'affaiblir au profit de la Russie.

 

Il a ensuite jugé les événements de 15 juin, où des manifestants massés devant le siège de la police ont été violemment pris à partie par les forces de l'ordre. Selon lui, ces citoyens, des mécontents et des opportunistes, ne cherchaient qu'à le faire sortir de ses gonds et multipliaient les provocations afin d'affaiblir la Géorgie.

 

Plus loin, M. Saakachvili a dénoncé les stratégies de certains qui visent à imposer en Géorgie une situation de déstabilisation permanente, qui s'avère extrêmement préjudiciable pour l'économie du pays. Pourtant, le président a affirmé qu'il restait ouvert à ses « ennemis », qu'il ne considéraient pas comme des traîtres, et qu'il leur tendait la main pour collaborer au sein des instances gouvernementales. Ainsi, il a accepté d'intégrer l'opposante Salomé Zourabichvili au poste de première vice-ministre de l'Intérieur, comme elle l'a demandé le matin même, afin d'aider ses camarades de lutte emprisonnés. Rappelons que Mme Zourabichvili fut un temps la ministre des Affaires étrangères de M. Saakachvili. Toutefois, le président a dit douter de la capacité de ces leaders à travailler dans des structures européennes alors qu'ils étaient encore empreints d'une mentalité soviétique.

 

A la fin de son discours, le président a annoncé que de nouvelles réformes seraient conduites sur la Constitution, sur un Parlement aux pouvoirs renforcés et sur les pouvoirs du président. Il sera aussi question de l'indépendance de la Justice.

Source : Georgia online.

Publié dans Politique intérieure

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