Discours d'ouverture au dialogue du président Saakachvili

Publié le par sophie tournon

Vendredi 19 juin 2009, le président géorgien Mikhéil Saakachvili s'est exprimé sur la chaîne de télévision privée Rustavi 2.

 

Le président a assuré qu'il ne comptait pas démissionner, malgré les pressions de la rue. « Le Caucase n'a pas connu de véritable Etat en 500 ans, et nous avons, pour la première fois, en 5 ans, bâti un Etat doté de toutes ses structures. Notre plus grand défi est de le préserver. »

 

Il refuse l'accusation qu'on lui porte sur sa gestion désastreuse de la guerre. « Je ne peux accepter ce que les leaders radicaux disent, que la Géorgie a perdu la guerre [d'août 2008]. Certes, nous ne l'avons pas encore remportée, il s'agit d'une longue lutte pour sauver l'Etat géorgien, pour gagner de manière diplomatique au niveau international. »

 

Il s'est ensuite adressé aux députés de l'opposition qui ont refusé de siéger au Parlement, à l'issue des législatives de 2008 aux résultats selon eux contestables. Déchus de leur pouvoir, une vingtaine de députés a ainsi choisi de se faire entendre en manifestant dans la rue. Le président assure qu'il est prêt à changer la loi pour leur permettre de revenir siéger au Parlement et d'assumer leur mandat de représentants du peuple : « S'ils le souhaitent, ils peuvent revenir au Parlement, qui est la meilleure tribune pour tout dialogue... De cette manière, toutes les forces de la société seront représentées au Parlement. » Durant son allocution, M. Saakachvili n'a eu de cesse de se montrer ouvert à tout dialogue avec les leaders de l'opposition.

 

Selon le président, il ne peut y avoir deux Géorgie, « une qui correspond à la vision de l'opposition et une seconde qui correspond à la vision du président et de son entourage... Pour l'opposition, le peuple est une foule, une masse et un instrument de lutte. Pour moi, la société est sensée, elle est en pleine évolution. »

 

Il est par la suite revenu sur le cas de l'opposante Salomé Zourabichvili, qui souhaite intégrer, tel un cheval de Troyes, le ministère de l'Intérieur, afin d'aider ses collègues et sympathisants de l'opposition. M. Saakachvili a répété qu'il était impossible qu'elle y collabore le jour pour le dénigrer le soir, dans les manifestations quotidiennes.

 

Deux jours auparavant, le président géorgien avait réagi à l'annonce du véto russe annulant la prolongation de la mission de la MONUG. Selon lui, la Géorgie n'a pas perdu « cette bataille » car le document officiel de l'ONU sur la question de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud ne mentionne toujours pas ces dernières comme indépendantes.

 

M. Saakachvili y voyait une « victoire diplomatique » éclatante contre les tentatives de « chantage » de la Russie. « Il n'y a pas de pouvoir séparatiste, il n'y a pas de régimes abkhaze ou sud ossète, il y a seulement une Russie en position d'occupante, et un contrôle d'occupation russe sur des territoire arrachés à la Géorgie, » a-t-il ajouté.

 

Le lendemain, les médias russes informaient que les deux régions indépendantes de facto qu'elle reconnaît officiellement prendraient part aux exercices militaires « Caucase 2009 » prévus à l'origine pour les républiques du Nord Caucase .

 

Sources : Georgia Times, Civil Georgia

Publié dans Politique intérieure

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