M. Milov : "La Russie devrait participer au projet 'Nabucco' "

Publié le par sophie tournon

Le président de l'Institut de politique énergétique Vladimir Milov répond aux questions du journal russe « Novaya Gazeta » à propos de la signature, le 13 juillet 2009, lançant le projet de gazoduc « Nabucco. »

 

« Nabucco », qui relie la mer Caspienne à l'Europe, fait partie d'une politique européenne de diversification de ses sources énergétiques en gaz. Il s'agit de sortir les pays occidentaux de la dépendance au gaz russe, surtout après la crise gazière russo-ukrainienne qui a récemment éclaté.


Selon M. Milov, cette stratégie défie l'entreprise russe « Gazprom » qui compte monopoliser le marché gazier centrasiatique et sud-européen. La Russie n'a cependant pas réussi à faire capoter le projet concurrent Bakou-Tbilissi-Ceyhan ouvert en 2006, ni le tracé Bakou-Tbilissi-Erzurum ouvert en 2007. Pour M. Milov, la Russie fait une erreur en ne participant pas à ces projets, alors qu'elle pourrait fournir du gaz via « Nabucco ». Le gaz russe peut tout à fait passer par ce gazoduc, que l'Azerbaïdjan ne remplit qu'au tiers de sa capacité (30 milliards de m3 par an).


Quant à la participation du Turkménistan, qui s'est déclaré prêt à fournir de son gaz caspien, elle reste conditionnée au règlement du différent sur l'exploitation des ressources de la Caspienne avec l'Azerbaïdjan. Le gaz en provenance du kurdistan irakien est un autre problème, sans parler du gaz iranien...


Dans ce contexte, d'après M. Milov, il serait plus que souhaitable que la Russie cesse de se braquer et s'allie au projet « Nabucco », ce qui est techniquement possible. Ainsi, l'Europe méditerranéenne recevrait aussi du gaz russe tout en évitant l'Ukraine.



Carte : Map: Nabucco Gas Pipeline Project Gas Supply Sources for Nabucco. © Nabucco Gas Pipeline International GmbH, 2007.

Source : Novaya Gazeta 15 juillet 2009

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