Pour la Russie, la Géorgie, l'Ukraine et les Etats-Unis jouent avec le feu

Publié le par sophie tournon

Lors d’une conférence de presse, mercredi 5 août, le général russe Anatoliy Nogovitsyne, directeur adjoint de l’Etat major russe, a donné aux journalistes présents sa version des causes de la guerre d’août 2008. Il a rappelé que le ministère de la Défense a volontiers coopéré avec la Commission européenne qui enquête sur le déclenchement de ce conflit. Parmi les documents présentés, les rapports des ordres géorgiens donnés juste avant l’offensive géorgienne et interceptés par l’armée russe ont été transmis à la Commission. Selon ces rapports, l’armée géorgienne aurait reçu l’ordre de pilonner des bâtiments civils en plus des cibles militaires russes.

 

D’après le général Nogovitsyne, l’attaque géorgienne contre l’Ossétie du Sud était préparée depuis plusieurs années. Elle devait s’achever au bout de 72 heures, grâce à l’effet surprise. Mais les soldats russes de maintien de la paix  présents sur place, rapidement rejoints par les soldats de la 58e armée, ont permis d’enrayer le plan géorgien. Le général a ensuite dénoncé la poursuite de l’armement de la Géorgie par ses alliés, tout en se félicitant de l’incapacité pour l’armée géorgienne de répéter une telle aventure dans son état actuel : « La Géorgie ressemble à l’Allemagne de l’après Première Guerre mondiale ». M. Nogovitsyne a tenu à préciser que les « Hummers » américains saisis par l’armée russe ne seront pas rendus, malgré l’insistance de Washington.

 

Ces déclarations interviennent après que le vice ministre de la Défense des Etats-Unis Alexander Vershbow eut affirmé que l’aide des Etats-Unis en direction de la Géorgie était destinée non pas à renforcer l’armée, mais à relever l’économie, aider les déplacés et reconstruire le pays.

 

Le 4 août, Grigory Karasine, du ministère russe des Affaires étrangères, a réaffirmé que les Etats-Unis jouaient avec le feu en continuant d’armer la Géorgie. Il assure que la Russie est prête à limiter toute aide militaire et économique aux pays soutenant militairement Tbilissi, des sanctions seraient même envisagées contre l’Ukraine, « le plus actif des pays alliés à la Géorgie », selon lui.

 

« Ridicule, » rétorque Alexandre Rondéli, politologue géorgien. « La Russie se targue d’humanisme et de philanthropie, alors qu’elle mène une campagne de communication pour dénigrer la Géorgie. » Selon lui, la Russie n’a rien à gagner à engager une nouvelle guerre, mais elle peut multiplier les provocations depuis l’Ossétie du Sud, étant donné que les observateurs européens n’ont pas accès à cette région hors contrôle international.

 

Source : Nezavissimaya gazeta, Kommersant, RFI

Publié dans Géorgie-Russie

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