V. Poutine : L’Abkhazie sera le Monaco de demain

Publié le par sophie tournon

Ce mercredi 12 août 2009, le Premier ministre russe Vladimir Poutine s’est rendu en Abkhazie. Première personnalité politique russe à visiter officiellement la région depuis sa sécession, Vladimir Poutine vient non seulement renforcer la coopération entre Moscou et Soukhoumi, mais il montre surtout à la Géorgie que l’Abkhazie fait désormais partie de son pré carré exclusif. Il a inauguré, avec Serguey Bagapch, son homologue abkhaze de facto, un nouveau monument aux morts, une stèle commémorant les héros abkhazes tombés lors de la guerre abkhazo-géorgienne de 1991-1992.

 

Lors d’une conférence de presse, M. Poutine a souligné le manque de respect et l’agressivité de la Géorgie envers les Abkhazes et les sud Ossètes, qui se sont alors tournés vers la Russie. « Evidemment, la Russie n’avait pas le droit de laisser l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie dans la détresse, elle a pris une décision juste en protégeant les Abkhazes et les sud Ossètes et en reconnaissant leur indépendance. Par la suite, la situation s’est stabilisée, » a-t-il dit.

 

M. Poutine a aussi annoncé que plus de 40 accords bilatéraux avec l’Abkhazie, reconnue par la Russie et le Nicaragua, seront signés pour renforcer leurs liens d’amitié et de coopération. Le Premier ministre russe a rappelé que son pays aidera l’Abkhazie à se constituer une force militaire qui pourra contrôler à terme ses propres frontières.

 

Outre le soutien matériel russe à l’Abkhazie (école russe, salle de concert, maternité, hôpitaux, théâtres, routes rénovées), la Russie se dit prête à continuer à aider ce petit pays comparé aux micro-Etats européens, tels San Marino et Monaco. Le tourisme est vu comme un domaine particulièrement prometteur pour l’économie abkhaze.

 

Mais l’objectif principal reste le contrôle et le renforcement de la frontière, qui doit éviter de ressembler à la ligne « Maginot », a dit M. Poutine. Des milliards de roubles seront investis dans la sphère militaire, et le budget consacré aux réseaux routiers et ferrés est à l’étude, malgré la question problématique des ressources et de la crise financière.

 

Le chef du gouvernement russe a déploré que les Occidentaux pro-russes se trouvent sous la pression d’une opinion russophobe typique des pays de l’OTAN, amis des Etats-Unis, et que ces personnes craignent de s’exprimer publiquement. Toutefois, il s’est félicité du retournement de situation qui a progressivement eu lieu en Occident, où la « vérité » de l’agression géorgienne en août 2008 a éclaté, dédouanant la Russie jusqu’alors tenue pour seule responsable de la guerre.

 

Rappelons que la Commission d’enquête internationale, présidée par Mme Heidi Tagliavini,   qui doit statuer sur les causes de ce conflit de cinq jours, remettra ses conclusions dans un mois.

 

Sources : site officiel du Premier ministre russe (premier.gov.ru), Georgia Times

 

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