Russie, Ukraine, Géorgie : la guerre des trois n’aura pas lieu ?

Publié le par sophie tournon

Par Sophie Tournon (Sources: Radio Svoboda RFE/RL, Rosbalt)

Le conflit d’août 2008 entre la Russie et la Géorgie, qui s’est soldé par le démembrement de la dernière, peut désormais être qualifié de mini-guerre froide, à l’image de la température des relations entre ces deux Etats. Un an après, la guerre se poursuit sur le front des déclarations officielles et des médias qui s’en font les porte-parole.

A Moscou comme à Tbilissi, aucun des deux Présidents ne se prive pour dénigrer l’autre, tout en se gardant de blesser les populations, considérées comme d’innocents jouets entre les mains de despotes sanguinaires. Tout récemment, le président russe Dmitri Medvedev a enrichi le «débat» en incluant le gouvernement ukrainien dans la liste des coupables alliés de la Géorgie.

Deux accusations majeures ont été émises à l’encontre de l’Ukraine. La première porte sur la vente d’armes à la Géorgie, malgré l’embargo imposé. Le ministère russe des Affaires étrangères a placé l’Ukraine en tête des pays fournisseurs d’armes à la Géorgie, avec Israël et les Etats-Unis. La seconde «révèle» la collaboration active de soldats ukrainiens aux côtés des Géorgiens, durant la guerre de cinq jours de l’été 2008.

Ces chefs d’accusation, fondés ou non, ne tombent pas du ciel. Leur caractère éminemment politique est à peine caché: ce faisant, le Kremlin répond aux provocations ukrainiennes de ces dernières semaines. Kiev a en effet renvoyé deux diplomates russes en juillet 2009, les accusant de corruption et d’espionnage. En un mot, une sorte de guerre des nerfs prend la place, ou se superpose à la guerre économique que les deux pays se font depuis les crises du gaz, voire même depuis la «révolution orange».

Alors que la Procurature russe affirme qu’une dizaine de soldat ukrainiens a pris part au conflit en Ossétie du Sud, le Quartier général des forces armées ukrainiennes dément fermement. Pour lui, il s’agit de provocations typiques du FSB (service de renseignement russe), dont l’objectif serait de déstabiliser les prochaines élections. Le politologue russe Alexeï Vlassov précise que si cette accusation est confirmée, elle pourra servir aux opposants contre l’actuel président ukrainien Viktor Iouchtchenko, candidat à la présidentielle de janvier 2010.

Difficile de prédire ce qui arrivera avant cette échéance: doit-on s’attendre à une escalade de déclarations provocatrices ou à de nouvelles négociations musclées pour apaiser l’atmosphère électrique entre les trois anciens partenaires?

Dépêche publiée le 06/09/2009

Publié dans Géorgie-Russie

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