Les ministres géorgiens dans la rue

Publié le par sophie tournon

Le 5 septembre 2009, les Tbilisselis ont eu la surprise de pouvoir déambuler dans une exposition en plein air d’un genre particulier, intitulée « Compte-rendu au peuple géorgien » et s’inscrivabt dans le programme « Dialogue avec la population » du gouvernement.

 

L’avenue Roustavéli, la principale artère de la capitale, a été fermée pour permettre à des stands et à d’immenses panneaux pédagogiques et photographiques de présenter à la population les projets et les bilans des ministères géorgiens. Des véhicules agricoles exposés côtoyaient des blindés militaires, des drones et des armes d’importation. Derrière certains stands, il était possible de s’entretenir avec des ministres descendus pour rencontrer les passants curieux de comprendre leurs représentants. Le ministère de l’Intérieur a judicieusement mis en scène un meurtre pour ensuite présenter les instruments utiles aux enquêteurs.

 

Cette initiative participe de deux dynamiques parallèles. D’une part, il s’agit pour le gouvernement de se rapprocher, dans le sens propre comme au figuré, des Géorgiens, afin de donner une image « humaine » de son rôle et de ses hauts fonctionnaires. D’autre part, la symbolique de cette appropriation de la Roustavéli n’aura pas échappé à l’opposition, qui a défilé pendant de longs mois dans cette même avenue, en criant à la démission du président Saakachvili.

 

Cette ambitieuse mission de communication a semble-t-il été payante, au point que les stands ont été transféré le 7 septembre dans la ville voisine de Roustavi. Une tournée nationale serait prévue. Un an après le conflit en Ossétie du Sud et six mois après les premières manifestations très suivies de l’opposition, c’est au tour des officiels de « mouiller la chemise ». Cette idée fera-t-elle des émules en Occident ?

 

Sources : Roustavi 2, Civil Georgia

Publié dans Politique intérieure

Commenter cet article