Guiorgui Toughouchi, futur médiateur de la république de Géorgie, détaille ses priorités

Publié le par sophie tournon

Par Sophie Tournon (sources: New Caucasus, Apsny, Georgia Times, Kavkaz Uzel)

Professeur d’université de droit international, G.Toughouchi, 32 ans, est un spécialiste des droits de l’homme. Adjoint au Sakreboulo (équivalent du Conseil régional) de Tbilissi en 1999, il devient expert auprès de l’USAID jusqu’en 2002, puis coordinateur des projets sur les médias dans l’Institut de la liberté jusqu’en 2003. Cette même année, il est expert au Programme de développement de l’ONU relatif aux questions des droits. A partir de 2004, il travaille en tant qu’adjoint aux Droits de l’homme au sein de l’OSCE. Puis il participe au Comité européen de lutte contre la torture. Enfin, il entre dans l’appareil même du médiateur de la République géorgienne, dirigé par Sozar Soubari, qui lui cèdera sa place dans quelques jours. Ce dernier se lance en politique, en tant que membre du parti de l’opposant Irakli Alassania. Libéré de ses fonctions, Sozar Soubari menace de livrer les noms des responsables géorgiens qui ont permis l’usage de la force et des armes contre les manifestants civils désarmés le 7 novembre 2007.

Candidat de la majorité pro-présidentielle, Guiorgui Toughouchi est élu médiateur, à la fin juillet 2009, pour un mandat de 5 ans. Les députés de l’opposition avaient de leur côté présenté la candidature du député juriste Dmitri Lortkipanidzé. Celui-ci défendait la création d’un « Strasbourg géorgien », un tribunal local aux droits de l’homme qui éviterait aux citoyens géorgiens de se rendre en Occident. La tenue de l’élection du médiateur a été critiquée par un député qui y dénonçait un choix inscrit dans une logique politique et non issu d’un consensus avec des représentants de la société civile.

Une des premières tâches administratives auxquelles le futur médiateur sera confronté consistera à relever le budget de son poste. Sur ce sujet sensible, G.Soubari se plaignait de la mauvaise volonté des députés, qui à leur tour critiquaient la politisation de la fonction d’ombudsman, trop proche des opposants.

Parmi les missions de contrôles entamées par son prédécesseur, G.Toughouchi rappelle que les prisons, les commissariats et les hôpitaux psychiatriques constituent des priorités. L’homme a déjà une longue expérience dans ce domaine, tant au niveau purement géorgien qu’à un niveau plus étendu: il a déjà visités des postes de police géorgiens en tant qu’adjoint du médiateur, et bien d’autres en Europe, en Asie et en CEI en tant que membre d’ONG. Mais il convient que le cas des réfugiés relève de l’extrême urgence, ce dossier étant en souffrance depuis de trop longues années. Les autres chantiers en vue concernent les grandes questions sociales (droit des enfants, des minorités ethniques et religieuses, questions de droit à la santé et à la propriété).

Contre tout défaitisme, G.Toughouchi affirme que «la lutte doit se poursuivre. Le système change, les conditions de détention se sont améliorées, les lieux d’enfermement ont été rendus plus transparents. Il y a eu de substantielles transformations législatives et, si les lois ne s’améliorent pas rapidement, elles changent tout de même et nous y contribuons de toutes nos forces». Il souhaite enfin simplifier la transmission d’information des missions de l’ombudsman, en allégeant les comptes-rendus (1.400 pages par mois!) pour les rendre lisibles pour tous les citoyens. Souci d’économie, de transparence et d’efficacité. Souhaitons bonne route à ce défenseur des droits de l’homme en Géorgie…


Dépêche publiée le 15/09/2009


Photo : RFE/RL

Publié dans Justice

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