Les Eglises d’Abkhazie et d'Ossétie du Sud se détachent de la tutelle du siège géorgien

Publié le par sophie tournon

Le 16 septembre 2009, l’évêché d’Abkhazie a déclaré son intention de se constituer en Eglise orthodoxe d’Abkhazie soit, en d’autres termes, de proclamer son indépendance spirituelle. Un peu plus d’un an après la reconnaissance officielle de l’indépendance de l’Abkhazie par la Russie, la branche locale de l’Eglise orthodoxe géorgienne de cette région sécessionniste depuis des années déjà décide de franchir le pas du schisme administratif.

 

Père Vissarion, chef de l’Eglise abkhaze, affirme que cette décision s’inscrit dans le fil logique de l’indépendance historique restaurée de l’Eglise abkhaze, abolie en 1795. Selon lui, l’intégration de l’évêché orthodoxe dans le sein de l’Eglise autocéphale géorgienne au moment de l’indépendance de la Géorgie a mis à terme à la longue existence d’une église nationale abkhaze. Cette décision relève ainsi du rétablissement d’une justice historique et du droit divin. Pour faire reconnaître ces revendications, l’Eglise orthodoxe abkhaze a demandé l’arbitrage des centres de l’orthodoxie que sont Jérusalem, Constantinople et Moscou, dans le sein de laquelle elle souhaite entrer, malgré le fait qu’elle a déjà essuyé des refus de sa part les années précédentes.

 

Le patriarche géorgien Ilia II a déclaré ne pas prendre au sérieux cette décision, et soutient qu’aucune Eglise orthodoxe n’acceptera un tel affront. De son côté, l’Eglise russe a récemment réitéré sa solidarité avec Tbilissi en reconnaissant la souveraineté de l’Eglise orthodoxe géorgienne incluant les évêchés abkhaze et sud ossète, mais sans reconnaître officiellement son intégrité territoriale.

 

Dans le même temps, certains représentants de l’Eglise orthodoxe d’Ossétie du Sud, elle aussi intégrée au patriarcat géorgien, se sont dits mécontents des déclarations du patriarche russe, qui ne partage pas la décision politique de l’Etat russe sur la reconnaissance des indépendances de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. Toutefois, l’Eglise orthodoxe sud ossète a trouvé un allié inattendu en la personne du chef de l’Eglise orthodoxe tchèque et slovaque, qui l’a assurée de son soutien. Selon cette Eglise, l’Ossétie du Sud a connu une longue histoire religieuse, a eu un métropolite commun aux deux Ossétie actuelles et n’a jamais appartenu à la Géorgie.

 

Parmi ses reproches envers le siège géorgien, l’Eglise sud ossète rappelle que le patriarche Ilia II, lors de l’office des morts en mémoire des tués lors du conflit d’août 2008, n’a prié que pour les âmes des « héros Géorgiens », dédaignant les morts russes et sud ossètes. Dans ces conditions, et au vu des liens d’amitié entre les Eglises russe et géorgienne, les autorités sud ossètes se demandent si, au lieu de demander le soutien du patriarche russe comme le fait l’Abkhazie, elles ne devraient pas revendiquer leur autocéphalie.

 

Source : Georgia Times, Civil Georgia
P
hoto : Wikipédia

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

coucou 16/09/2009 15:38

attention. Distraction malencontreuse dans le titre!