L'ONU comble Tbilissi et fâche Moscou sur la question des réfugiés

Publié le par sophie tournon

Le 9 septembre 2009, l’ONU a pris une résolution concernant la Géorgie sur le droit des déplacés au retour dans leur région d’origine.

 

Suite aux guerres en Abkhazie et en Ossétie du Sud, depuis la déclaration d’indépendance de la Géorgie, de nombreuses personnes et familles ont fui ces deux régions sécessionnistes. Les déplacés géorgiens seraient aujourd’hui au nombre de 293 000, dont 245 000 provenant d’Abkhazie. De ces derniers, près de 45 000 sont retournés d’eux-mêmes dans la région de Gali, enclave peuplée majoritairement de Géorgiens en Abkhazie indépendante de facto.  Le ministère géorgien aux Réfugiés les considèrent comme des déplacés et déplore régulièrement les discriminations en tout genre que cette population subirait de la part des autorités abkhazes.

 

La résolution onusienne, qui n’a d’autre portée que symbolique, satisfait Tbilissi, qui souligne que, contrairement à l’année précédente, où seuls 14 Etats l’avaient acceptée, cette année 2009 révèle l’augmentation « d’alliés » de la Géorgie. En effet, 48 pays l’on votée (dont l’Azerbaïdjan, les pays baltes, la Pologne, la Tchéquie, l’Ukraine, la France, l’Allemagne et la Grande Bretagne) et 19 l’ont rejetée (dont l’Arménie, l’Iran, la Russie, la Biélorussie).

 

La Russie a déclaré qu’elle ne suivrait pas cette résolution « anti-russe » qui ne reconnaît pas les indépendances de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères s’est emporté contre une attitude politique destinée à faire oublier l’agressivité meurtrière du président géorgien contre les citoyens sud ossètes, dans la nuit du 7 au 8 août 2008. « Cette résolution est coupée de la réalité, nous ne voyons pas la nécessité d’enclencher un retour immédiat des réfugiés. Pour que les réfugiés puissent revenir dans les zones en conflit, il faut d’abord réunir toutes les conditions. Avant tout, il convient de normaliser les relations entre la Géorgie d’un côté, et l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud de l’autre. » Pour le gouvernement russe, il suffit d’ignorer cette résolution.

 

A Tbilissi, ce succès diplomatique rassure. Pour Grigol Vachadze, ministre des Affaires étrangères, « si la Russie décide de rejeter cette résolution, cela montrera qu’elle méprise l’ONU et le droit international. »

 

Sources : Civil Georgia, Kommersant

Publié dans Géorgie-Russie

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