La Géorgie, principale responsable de la guerre d'août?

Publié le par sophie tournon

La Commission internationale d’enquête sur les causes du conflit d’août 2008, menée par Heidi Tagliavini, remettra son rapport au Secrétaire général de l’ONU avant de le rendre public la dernière semaine de septembre.

 

Le journal allemand Spiegel, connu pour ses prises de positions tranchées quant à la culpabilité du président géorgien, vient à nouveau de publier un article à charge contre la Géorgie. Selon ses sources, le compte-rendu de l’enquête accuse Mikhéil Saakachvili d’être l’initiateur du conflit, tout en admettant la co-responsabilité de la Russie.

 

Selon des diplomates européens, Tbilissi est à l’origine de la guerre de cinq jours lancée contre l’Ossétie du Sud, mais la Russie a sa part de responsabilité, étant donnée sa politique provocatrice de militarisation de sa frontière avec la Géorgie.

 

Le gouvernement géorgien, qui n’a eu de cesse de communiquer sur son action militaire « défensive » et sur sa collaboration poussée avec les enquêteurs européens, craint qu’une conclusion en sa défaveur ne lui barre définitivement la route de l’adhésion à l’OTAN. Or, la candidature de la Géorgie, pourtant appelée de ses vœux par les Etats-Unis de G.W Bush avant le conflit, a été remise en question dès la fin de cette guerre.

 

Par ailleurs, le changement d’équipe à la tête des Etats-Unis a constitué un tournant dans la politique étrangère de cet allié de Tbilissi. Le nouveau président Barack Obama a choisi la voie du réchauffement avec la Russie, gelant ainsi la « question géorgienne ». La porte de l’OTAN ne s’est pas pour autant refermée, assure l’organisation atlantique, mais elle n’est plus aussi ouverte… Cet entrebâillement temporaire se révèle très sensible aux gesticulations de la Géorgie, qui cherche par tous les moyens à éviter les courants d’air brusques : le moindre faux pas diplomatique pourrait lui coûter des années d’efforts tendus vers une intégration au sein des organismes internationaux occidentaux, afin d’échapper à l’emprise de la Russie.

 

Par ailleurs, des conclusions négatives pourraient déclencher un sursaut de l’opposition géorgienne, qui tient le président Saakachvili pour, au « mieux », un aventurier incompétent, au pire un dangereux criminel. Enfin, une des conséquences possibles de ce rapport est la fin de l’aide financière internationale attribuée à la Géorgie en compensation des dégâts et pour aider les réfugiés et déplacés. Toutefois, selon l’expert Paata Zakareichvili, la Géorgie, qui bénéficie de l’aide européenne dans le cadre du programme « Partenariat oriental », ne devrait pas souffrir outre mesure de l’impact des conclusions négatives sur son économie.

 

Reste à savoir comment la société géorgienne, qui se vit comme la grande victime de ce conflit éclair, va accepter ce rapport.

 

Sources : Spiegel, Georgia Times

Publié dans International

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