ONU : En attendant le discours de Mikhéil Saakachvili...

Publié le par sophie tournon

A l’Assemblée générale de l’ONU, mercredi 23 septembre 2009, la délégation géorgienne a ostensiblement manifesté son rejet de la Russie en quittant la salle où le président russe Dmitri Medvedev prononçait son discours officiel. Le chef de l’Etat russe a réaffirmé que le conflit d’août 2008 devait être porté à la responsabilité de la seule Géorgie, et que la reconnaissance de l’indépendance des deux régions séparatistes abkhaze et sud ossète était irréversible. Ce jeudi 25 septembre, le président géorgien Mikhéil Saakachvili doit à son tour s’exprimer sur ce sujet sensible.

 

Ce discours est d’autant plus attendu que le journal allemand Spiegel a tout récemment « révélé » en avant-première les conclusions du rapport, pourtant secret, de la Commission d’enquête sur les causes du conflit. Selon ce quotidien, l’enquête concluerait à la culpabilité du président géorgien, sans pour autant nier les pressions évidentes de la part de la Russie. Mikhéil Saakachvili prendra-t-il en compte ces nouvelles « données » négatives pour son image personnelle comme pour sa politique internationale ? Selon Eka Tqekelachvili, secrétaire du Conseil de sécurité de la Géorgie, le président rappellera les violations du droit international d’une Russie belliciste accusée, sinon d’avoir déclenché la guerre, au moins de l’avoir suscitée par tous les moyens, rendant inévitable la réaction militaire géorgienne.

 

En outre, le chef de la Mission européenne d’observation en Géorgie (EUMM) Hansjörg Haber a lui-même fait des déclarations portant ombrage aux principes de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Géorgie. Selon lui, il est nécessaire de prendre en considération la réalité du terrain caucasien. Il exhorte pratiquement la communauté internationale à se faire à l’idée que l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, indépendantes de facto et soutenues par la Russie, qui maintient sur leur territoire des bases militaires, doivent être prises en compte : « Je pense qu’il nous faut composer avec cet état de fait, étant donné la présence russe [dans ces régions] ».

 

Enfin, dernière source d’inquiétude pour Tbilissi, le « rapprochement » entre la Russie et l’OTAN. Dans le cadre de l’Assemblée générale de l’ONU, le ministre russe des Affaires étrangères Serguey Lavrov s’est entretenu pour la première fois avec le nouveau chef de l’organisation atlantique Anders Fogh Rasmussen. La Russie, opposée à l’extension de la présence atlantiste dans son pré carré, est au centre de la nouvelle orientation politique nord-américaine qui privilégie les négociations et les compromis. Si l’OTAN cherche à son tour à dialoguer constructivement avec la Russie, la question de la candidature de la Géorgie pourrait alors être sérieusement remise en cause.

Sources : Georgia Times

Publié dans International

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