Mikhéil Saakachvili : "En Géorgie, un mur sépare les démocraties de la Russie"

Publié le par sophie tournon

Dans son discours prononcé le 24 septembre à l’Assemblée générale de l’ONU, le président géorgien Mikhéil Saakachvili a surfé sur les commémorations liées au mur de Berlin pour imposer l’image d’un mur de la honte entre la Géorgie et la Russie. Ce mur, qui passerait par les régions abkhaze et sud ossète de facto indépendantes, séparerait les nations respectueuses de la Loi internationale de celle basée sur la peur.

 

Ce faisant, il remet indirectement au goût du jour l’idée d’une nouvelle « Guerre froide » qui aurait éclaté en août 2008 entre les civilisations orientées vers plus de démocratie et celle, russe, de l’autoritarisme impérialiste et colonialiste. « La présence de ce mur nuit au progrès atteint il y a 20 ans à Berlin, » a-t-il dit. Il s’est dit inquiet de l’attitude de « ceux qui estiment qu’il s’agit de la plus grande tragédie du XXe siècle », faisant clairement référence à la fameuse phrase de Vladimir Poutine qui, président, déplorait la chute de l’URSS.

 

Il a rappelé les efforts déployés par ses équipes depuis son avènement au pouvoir, à l’occasion de la « révolution des roses » : plus de réformes, de démocratie, de liberté, de pluralisme – à preuve, les manifestations de l’opposition qui se sont déroulées dans le plus grand calme. « La Géorgie est le pays le plus libre de toute la région, » a-t-il affirmé. Mais il s’est inquiété d’une communauté internationale peu intéressée par la question du nettoyage ethnique des régions séparatistes abkhaze et sud ossète à l’encontre des Géorgiens.

 

Pas une seule fois dans son discours, Mikhéil Saakachvili n’a nommé les chefs de l’Etat russe autrement que par périphrases ou sous-entendus. Il s’est permis une rapide analyse du conflit d’août 2008, dont il a attribué l’initiative au président russe, en énumérant les ingérences militaires violentes de l’URSS depuis 1939 jusqu’aux guerres en Tchétchénie, dont la dernière est toujours en cours.

 

A propos de l’opposition, M. Saakachvili a insisté sur son ouverture au débat politique, permettant à la chaîne de télévision « Maestro » acquise à l’opposition, jusque là cantonnée à quelques grandes villes du centre du pays, à émettre dans toute la Géorgie. Il a aussi souligné sa volonté d’œuvrer à la construction d’une démocratie plus directe, en ouvrant toutes les élections municipales (et plus seulement celles de la capitale) au vote universel direct, prémice d’une réforme du code électoral pour plus de démocratie participative. Par ailleurs, son analyse des manifestations peut étonner. Il a surtout retenu que les revendications appelant à sa démission ont été un échec, « prouvant » l’unité des Géorgiens derrière sa politique : « J’étais assuré et serein, rien ne pouvait arriver car, en fin de compte, notre peuple sait pertinemment distinguer les ambitions personnelles de l’intérêt de la nation, c’est pourquoi notre pays est plus uni que jamais. »

 

 

Source : Civil Georgia, Georgia Times

Publié dans Politique intérieure

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