Abkhazie – Géorgie : recommandations pour un futur rapprochement

Publié le par sophie tournon

CAUCAZ.COM
Dépêche publiée le 28/02/2010


Par Sophie Tournon. Sources : Interntional Crisis Group



L’ONG International Crisis Group vient de remettre sont rapport de février sur la situation politique et diplomatique de l’Abkhazie. Ce pays sécessionniste reconnu de la Russie et de trois autres Etats seulement est depuis plus de quinze ans indépendant. Il s’est doté de structures gouvernementales classiques pour toute démocratie, et les dernières élections présidentielles ont reconduit le Président sortant Serguey Baghapch.

Mais la viabilité de cet entité étatique n’est possible que grâce au soutien de la Russie. Le rapport le répète et le souligne: sa dépendance à la Russie s’aggrave. La reconnaissance de sa souveraineté par la Russie a fait suite au conflit d’août 2008, et lui a valu un soutien démonstratif de la part de son parrain russe. La moitié du budget abkhaze provient de la Russie, qui remilitarise la petite république sécessionniste et investit massivement dans l’immobilier abkhaze. Les frontières sont ainsi placées sous contrôle des forces russes, ainsi que les aéroports et le littoral. Et la majorité des Abkhazes ont reçu la citoyenneté russe. Le tout au grand dam de la Géorgie et de la communauté internationale.

Du point de vue abkhaze, le protectorat russe est nécessaire, voire même vital, pour se détacher définitivement du «joug» géorgien. De point de vue géorgien, la Russie a violé sont intégrité territoriale et continue de faire fi au droit international en ne respectant pas l’accord conclu en septembre avec l’Union Européenne. Pour Tbilissi, l’Abkhazie doit accepter le retour des quelques 200 000 déplacés géorgiens et cesser les discriminations envers les quelques milliers de Géorgiens toujours en Abkhazie.

Le rapport de l’International Crisis Group préconise aux deux parties, qui ont coupé toutes relations diplomatiques, de ne pas se focaliser sur la question pour l’instant insoluble de la reconnaissance de leur souveraineté respective. Il appelle à un rétablissement des relations sur les plans humanitaires, économiques et commerciaux, enjoint la Russie à ne pas envenimer une situation particulièrement tendue par ses déclarations et ses actes contraires aux accords de 2008, et souligne la volonté géorgienne de changer d’attitude envers l’Abkhazie, via son «Plan stratégique sur les territoires occupés : vers plus de coopération».

Enfin, l’ONG invite l’Union européenne et l’ONU à s’impliquer davantage dans le processus de paix et de restauration d’un dialogue constructif, sans s’arc-bouter sur les préalables irréalistes à court terme de retour de l’Abkhazie en Géorgie. En un mot, il est indispensable pour tous de laisser de traiter en priorité les questions urgentes et constructives de recherche d’un terrain de dialogue, de la coopération, du retour de la confiance et du rétablissement des échanges de toutes sortes.

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