En attendant le procès des jeunes géorgiens détenus en Ossétie du Sud

Publié le par sophie tournon

 

Les quatre adolescents géorgiens arrêtés en Ossétie du Sud pour avoir traversé la frontière illégalement et pour détention d’armes (des grenades) sont toujours détenus à Tskhinvali, la capitale sud ossète.

 

Cette arrestation, qui n’est pas la première mais qui s’avère la plus sensible, du fait de l’âge des détenus et des accusations portées à leur encontre, a fait l’objet d’une déclaration des officiels du Conseil de l’Europe (CoE), dernière institution présente dans le cadre des relations houleuses entre l’Ossétie sécessionniste et indépendante de facto, et les autorités géorgiennes. Le secrétaire général du CoE et le président du Conseil des ministres ont ainsi appelé1 le 16 novembre, à une libération immédiate des jeunes inculpés. Les représentants de l’Assemblée Parlementaire du CoE ont peu après aussi exprimé leur crainte que cette détention n’attise la haine entre les deux peuples géorgien et sud ossète.

 

Mais ces déclarations de sympathie n’ont pas suffi aux députés géorgiens, qui ne se sont pas privés de critiquer le commissaire du CoE aux Droits de l’homme Thomas Hammarberg pour son silence. D’après un député de la majorité, ce manque de réaction ne peut qu’entamer davantage la confiance offerte au Conseil de l’Europe. Le président du Parlement Davit Bakradze a surenchéri en affirmant qu’il s’agissait d’une sorte de test pour le CoE : « Cet événement nécessite que le CoE y consacre toute son attention, » a-t-il déclaré.

 

Le 27 novembre, T. Hammarberg s’est enfin rendu en Géorgie, pour contrôler l’application des « six principes » relatifs aux droits de l’homme et à la défense humanitaire défendus lors de sa précédente visite, en août 2009. Il s’agit du droit au retour des déplacés, de l’aide au retour, de l’estimation des traumatismes subis par la guerre, de la situation dans le domaine de la défense des droits, de l’échange humanitaire de prisonniers et autres détenus, et de la distribution de l’aide humanitaire internationale dans les régions ayant subi la guerre.

 

Le 30 novembre, le commissaire européen entrait enfin en Ossétie du Sud, après avoir, selon la presse géorgienne, essuyé un premier refus, la veille, de la part de Tskhinvali. Il a été question du procès des quatre jeunes géorgiens, que le représentant du CoE a rencontrés. Ce procès, prévu jeudi 3 décembre, permettrait aux autorités non reconnues d’Ossétie du Sud de prouver « qu’aucun facteur politique n’est en jeu ». L’échange de prisonniers a ainsi été rejeté par l’Ossétie du Sud, qui attend le retour de T. Hammarberg le 2 décembre. Ce dernier tentera de nouvelles négociations avec les autorités géorgiennes au sujet de cinq sud Ossètes portés disparus, et dont des témoins sud ossètes affirment qu’ils ont été enlevés par des policiers géorgiens.

 

Sources : Civil Georgia, Rustavi 2, Cominf.org, Osinform.ru

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