Géorgie : A la Saint Georges, la police parade

Publié le par sophie tournon

Caucaz.com


Dépêche publiée le 07/05/2010


Par Sophie Tournon. Rustavi 2, Civil Georgia, Georgia Times, GHN...

Le 6 mai, jour de la Saint Georges, le patriarche catholicos géorgien Ilia II a, comme tous les ans, célébré le saint héros, symbole de la Géorgie, dans l’église de Sioni. Le même jour, une autre célébration se déroulait dans un autre temple, autour d’un autre protecteur du pays. Le 6 mai a été déclaré «jour de la Police» par le ministre de l’Intérieur: des milliers de policiers ont défilé devant le ministère de l’Intérieur flambant neuf, dans le quartier périphérique de Varkétili.

Selon un article du ministre de l’Intérieur Vano Mérabichvili, publié dans le journal 24 saati, les policiers, qui font la fierté de la Géorgie et des Géorgiens, méritent d’avoir leur jour d’honneur. Le choix de la date a été motivé par l’abandon des deux dates précédemment fêtées, qui correspondaient à des commémorations proprement soviétique. La désoviétisation de ce corps de métier est par ailleurs incarnée par le nouvel uniforme porté et le parc automobile entièrement rénové. Le 6 mai a l’avantage, selon le ministre, d’associer la police à Saint Georges, symbole de la lutte victorieuse du Bien contre le Mal, et à la réunification de l’Adjarie, région longtemps indépendante de facto, à la Géorgie.

A l'occasion de cette parade grandiose face au bâtiment futuriste du ministère de l’Intérieur, le Président, de retour de son long séjour (22 jours) aux Etats-Unis et avant son départ pour le Vatican, a prononcé un discours édifiant sur le rôle et le symbole de la police dans la Géorgie actuelle. Selon lui, la police géorgienne serait «la meilleure au monde», elle s’est entièrement dépolitisée et est restée la fidèle gardienne de la nation et de l’Etat.

Mikhéil Saakachvili s’est dit fier d’avoir contribué à assainir les rangs d’une police auparavant crainte pour sa corruption, et s’il reste encore des défauts, «ils sont désormais réduits au minimum». Le Président a souligné le rôle de gardien de la stabilité de l’Etat de la police. Celle-ci a pu éviter, d’après lui, que les manifestations de novembre 2007, dont la répression disproportionnée avait tant choquée dans le monde, ne se terminent «en coup d’Etat». Grâce à sa police, la Géorgie issue de la révolution des roses s’est débarrassée de ses oripeaux criminels, de sa mentalité de fraudeurs.

Dans le même temps, quelques manifestants dirigés par une poignée de personnalités de l’opposition se sont opposés à des policiers près de la parade officielle. Ces heurts ont fait une vingtaine de blessés de part et d’autre. Cette manifestation de l’opposition n’a pas rassemblé une foule conséquente, ainsi que l’espéraient certains leaders de l’opposition. Ces derniers appellent à un rassemblement populaire pour la prochaine fête nationale, le 26 mai, puis à l’issue des résultats des élections municipales du 30 mai.
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Publié dans Politique intérieure

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