Géorgie : Adoption de la future Constitution

Publié le par sophie tournon

Sophie Tournon

Caucaz.com

 

Le Parlement géorgien a finalement amendé la Constitution de la Géorgie, sans pour autant mettre fin aux débats qui agitent la société sur l’utilité et le tempo de ces réformes.

Le 15 octobre, les députés géorgiens ont voté la réforme de la Loi fondamentale voulue par le Président Mikhéil Saakachvili, prenant en considération les remarques et critiques, non contraignantes certes, du Conseil de l’Europe par la voix de la Commission de Venise. 

Le Président Saakachvili, qui arrive à la fin de son mandat en octobre 2013, ne pourra se représenter après deux mandats successifs. Souvent critiqué pour avoir doté la Géorgie d’un régime semi-présidentiel dans lequel le chef de l’exécutif centralise un grand nombre de pouvoirs, M. Saakachvili a engagé ces réformes en vue de renforcer le rôle du Premier ministre. Ce qui peut paraître comme une concession politique raisonnable a immédiatement été perçu comme une stratégie politique destinée à conserver le pouvoir. Certains pronostiquent en effet le maintien de M. Saakachvili aux commandes du pays, mais cette fois au poste de chef du gouvernement, un peu sur le «modèle» russe.

Outre la volonté affichée de l’actuel Président de tout faire pour que «son équipe et sa doctrine» restent au pouvoir, afin, dit-il, de ne pas fragiliser davantage le pays, le rythme imposé à l’adoption de ces réformes a soulevé l’étonnement d’analystes et de journalistes suspicieux. Alors que la Nouvelle Constitution ne devra entrer en vigueur en décembre 2013, une fois la prochaine élection présidentielle passée, ce projet de réforme déposé en plein été et son adoption rapide font dire que tout a été fait pour empêcher la tenue de véritable débat de fond. A moins que ces débats ne surgissent maintenant…

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Publié dans Politique intérieure

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