Géorgie : Etat des lieux de l’opposition avant les primaires

Publié le par sophie tournon

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Par Sophie Tournon. (Sources : Civil Georgia, Georgia Times, Rustavi 2, 24 Saati, Rezonansi…)

La vie politique en Géorgie se résume souvent à une lutte pour conserver ou renverser le pouvoir. Rien de plus classique en somme, mais il est intéressant de noter quelques faits saillants qui donnent un «coloris» particulier à ces relations entre les oppositions et le pouvoir en place.

Les stratégies choisies par ces partis pour renverser le président en exercice – but ultime de pratiquement tous ces opposants – sont à diviser en deux. Ceux, radicaux, qui ne voient la solution aux problèmes de la Géorgie que dans des élections présidentielles anticipées, et ceux, plus modérés (toutes proportions gardées), qui parient sur la prochaine échéance électorale de premier plan : la mairie de Tbilissi. Pour les premiers, ces municipales sont une «farce». Tbilissi, si elle devait «tomber», sera soit source de dissensions aggravées entre les opposants candidats, soit source de «chantage» aux apparences démocratiques : «Je vous donne Tbilissi, laissez-moi tranquille.» Ainsi, N. Bourdjanadzé et S. Zourabichvili n’ont-elles pas présenté leur candidature pour ces élections prévues avant le mois de juin.

Pour les modérés, les municipales sont au contraire l’occasion de montrer leur poids politique, et seront, en cas de victoire, utilisées comme un tremplin vers le pouvoir suprême. Mais comment parvenir à unifier tant de partis, dont les leaders se détestent parfois cordialement? Plusieurs partis ont déjà fait savoir que leur leader serait candidat, ce faisant, ils brouillent les cartes de l’opposition et sont accusés par les autres de jouer le jeu du maire sortant, Guigui Ougoulava, affilié au parti dominant.

D’autres partis ont fait un choix inédit : l’Alliance pour la Géorgie, qui regroupe 3 formations politiques et est dirigée par Irakli Alassania, propose de tenir des primaires, sur le modèle américain, pour se doter d’un candidat unique. L’idée des primaires ne fait pas l’unanimité, mais elle est soutenue par 6 partis; elles devraient bientôt avoir lieu.

Enfin, un débat idéologique s’est engagé pour savoir s’il fallait accepter, parmi les candidats à la candidature, les «traîtres pro-russes». La figure controversée de Zourab Noghaïdéli, leader du parti Pour une Géorgie juste, a ainsi fait imploser l’Alliance pour la Géorgie, seul I. Alassania soutenant sa participation aux primaires. En effet Z. Noghaïdéli divise les opinions du fait de sa stratégie de relations ouvertes et poussées avec les autorités russes, ce qui lui vaut les noms de traître et de l’Ordjonikidze du XXIe siècle. Sa présence aux côtés de Levan Gatchétchiladze et d’Irakli Alassania pour les futures primaires en étonne plus d’uns. La vie politique en Géorgie peut aussi se résumer à des luttes et des réconciliations interpartisanes, comme partout, en somme.

Dépêche publiée le 26/02/2010

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Publié dans Politique intérieure

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