Géorgie : Staline enfermé au musée

Publié le par sophie tournon

par Sophie Tournon

 

Dans la nuit du 24, la statue gigantesque de Staline qui trônait face à la mairie de Gori, ville natale du « petit père des peuples », a été déboulonnée.

 

Descendu de son piédestal, d’où il toisait la ville depuis 1952, l’enfant du pays a été soigneusement remisé dans le musée qui lui est consacré en attendant un destin plus clair. En effet, les Géorgiens sont divisés quant au traitement à donner à cette statue.

 

Alors que certains, manifestement bien entendus et représentés au gouvernement (rappelons la haine du passé soviétique maintes fois martelée par le Président M. Saakachvili et son ministre de l’Intérieur Vano Mérabichvili), souhaitent se débarrasser de toutes les marques infâmantes les liant au passé soviétique, d’autres s’opposent à toute politique d’amnésie. Ces derniers font deux lectures du passé : si d’un côté les nostalgiques vouent encore un culte « light » au Staline, héros de la Seconde Guerre mondiale, redresseur d’une URSS forteresse assiégée par le onde entier, et symbole d’une période qui n’a rien à envier aux catastrophes économiques, sociales et morales subies par la Géorgie (et pas seulement elle) depuis l’indépendance, de l’autre côté, les « mémorialistes » défendent le devoir de mémoire que la statue incarnait. Un devoir qu’ils prennent pour une injonction, car ils craignent que la béance désormais imposée à Gori facilitent l’ignorance auprès des jeunes générations.

 

Conscient que le remisage de la statue pourrait entraîner des manifestations, les autorités ont donc sciemment opéré de nuit, en catimini, écartant toutes caméras. Une équipe de télé locale a même été violemment prise à partie. La mairie de Gori souhaite ériger à sa place un monument à la mémoire des « héros géorgiens morts en Août 2008 ».

 

Seul reportage visible : http://www.rustavi2.com/news/video.php?fr=video&id_news=37592&ftp1=1&ftp2=0&ftp3=0

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Publié dans Politique intérieure

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